À l’approche de la visite pontificale en Algérie, la ministre de la Culture Malika Bendouda a effectué jeudi un déplacement à Annaba pour superviser les préparatifs et évaluer l’état des sites historiques inscrits au programme du pape Léon XIV.
Ainsi, au menu de cette tournée d’inspection, musée d’Hippone, basilique Saint-Augustin, citadelle hafside. La ville de Bône s’apprête à jouer un rôle central dans cet événement diplomatique et religieux majeur.
Réouverture du musée d’Hippone et visite de la basilique Saint-Augustin
En effet et dans le cadre direct des préparatifs à la visite du chef de l’Église catholique, Mme Bendouda a supervisé la réouverture du musée du site archéologique d’Hippone et s’est rendue à la basilique Saint-Augustin, deux monuments intimement liés à l’héritage de saint Augustin, figure spirituelle universelle née à Thagaste (actuelle Souk Ahras) et évêque d’Hippone pendant près de 35 ans. Ces deux sites, au cœur du patrimoine chrétien antique d’Afrique du Nord, devraient figurer parmi les étapes de la visite pontificale à Annaba.
La citadelle hafside : un projet de restauration gelé depuis 2015 enfin débloqué
En outre et au-delà des préparatifs liés au pape Léon XIV, la visite ministérielle a mis en lumière l’état préoccupant de la citadelle hafside d’Annaba, monument historique classé s’étendant sur 1,5 hectare. Forteresse défensive construite au XIIIe siècle sous le règne des Hafsides, cet édifice stratégique souffre d’un projet de restauration gelé depuis 2015.
Face à cette situation, Mme Bendouda a annoncé des «mesures d’urgence» pour lever ce gel et «lancer immédiatement» les travaux sur le terrain, en priorité la restauration des remparts endommagés, afin de garantir la pérennité de ce joyau du patrimoine algérien.
Lancement d’un projet de recherche archéologique sur la citadelle
Dans le même ordre d’idées, Mme Bendouda, a également ordonné le lancement d’un programme de recherche archéologique approfondi au sein de la citadelle, conduit conjointement par le Centre national de recherche archéologique et l’Université d’Annaba. L’objectif : mettre au jour les vestiges de l’époque islamique et valoriser la richesse civilisationnelle du site.
L’hôte de la ville de Bône, a par ailleurs insisté sur la «documentation du patrimoine mémoriel» conservé au sein du « centre de torture » de la citadelle, en appelant à la publication d’un ouvrage documentaire rendant hommage à cette période de l’histoire nationale.
Enfin,sur le plan de l’aménagement, la ministre a ordonné la révision de l’étude d’aménagement extérieur du site en adoptant une vision intégrée, associant l’ancienne muraille et le monument des « Sept Dormants » dans un plan de valorisation cohérent. Ces orientations confirment la volonté du ministère de la Culture de restituer à la citadelle hafside son statut de pôle culturel et touristique, pont entre les multiples strates historiques de l’antique Bône.
