Sortant de son silence après l’annonce des résultats provisoires des élections législatives, le député de la communauté nationale à l’étranger, Yagoubi Abdelouahab, jette un pavé dans la mare.
Dysfonctionnements majeurs, rupture de confiance et rupture d’égalité : le parlementaire livre ses « vérités » et réclame purement et simplement l’annulation du scrutin dans les huit circonscriptions de la diaspora algérienne.
Un silence rompu par le « devoir de vérité »
Resté rigoureusement muet durant la campagne électorale et le déroulement du scrutin pour garantir sa stricte neutralité, Yagoubi Abdelouahab a décidé de prendre la parole ce jeudi 9 juillet 2026. Pour ce membre influent de la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée populaire nationale (APN), l’heure n’est plus à la réserve mais à la responsabilité politique et morale.
Dès l’annonce des résultats provisoires par l’ANIE (Autorité nationale indépendante des élections), le député a choisi de briser l’omertà pour pointer du doigt ce qu’il qualifie de dérives graves entourant le vote des Algériens de l’étranger.
Les vérités de Yagoubi Abdelouahab sur les coulisses du scrutin
Loin d’une simple critique formelle, le communiqué du député met en lumière des failles structurelles et organisationnelles qui, selon lui, entachent directement la crédibilité de l’État. Voici les principales vérités dénoncées par le parlementaire :
- Des règles du jeu modifiées à la dernière minute : Abdelouahab Yagoubi fustige des « modifications intervenues tardivement » ayant impacté le cœur même du processus électoral.
- L’opacité de l’ANIE à l’étranger : Le député rapporte de nombreuses alertes concernant les conditions de préparation, mais surtout le remplacement opaque et la désignation controversée des coordinateurs et délégués de l’autorité électorale.
- L’iniquité du traitement des candidatures : Selon lui, les principes fondamentaux d’égalité des chances, de transparence et de sécurité juridique ont été largement bafoués.
« Le risque le plus grave […] réside dans la perte de confiance des citoyens quant à la régularité des procédures et à la légitimité des résultats », prévient-il, insistant sur le fait que la légitimité ne se décrète pas à coups de chiffres, mais s’acquiert par l’équité.
L’appel choc : L’annulation pure et simple des 8 circonscriptions
Face à ce qu’il qualifie de « dysfonctionnements majeurs », le député Yagoubi ne réclame pas un simple réajustement. Il appelle solennellement les autorités compétentes à engager une révision globale et à prononcer l’annulation du scrutin dans les huit circonscriptions électorales de la diaspora.
Pour le parlementaire, cette démarche n’est pas une attaque envers le pouvoir, mais un acte de salubrité publique :
« Un État fort est celui qui possède suffisamment de confiance en lui-même pour corriger ses erreurs lorsqu’elles sont établies. »
Un mandat actif jusqu’à la nouvelle assemblée
En attendant que la lumière soit faite, Abdelouahab Yagoubi a tenu à rappeler une vérité institutionnelle : son mandat de député reste pleinement en vigueur jusqu’à l’installation officielle de la nouvelle APN. Bien décidé à assumer ses prérogatives constitutionnelles de contrôle, il promet de continuer à porter la voix d’une diaspora qui exige que son vote soit traité avec le même respect que celui des citoyens dans leurs pays d’accueil.
Alors que le débat sur la probité de ces élections législatives ne fait que commencer, les déclarations de Yagoubi Abdelouahab risquent de faire planer un doute persistant sur la sincérité du scrutin à l’étranger.
