L’affaire d’importation de bétail qui a secoué l’opinion publique algérienne franchit un nouveau cap judiciaire.
La chambre d’accusation près la Cour d’Alger a tranché en rejetant catégoriquement la libération des principaux suspects. Retour sur un scandale financier et sanitaire sans précédent.
Un camouflet judiciaire pour les barons de l’importation
La fermeté est désormais de mise au Pôle pénal économique et financier. Face à la gravité des accusations et à l’indignation populaire, la chambre d’accusation près la Cour d’Alger a opposé un refus catégorique aux demandes de remise en liberté déposées par les 13 principaux mis en cause dans l’affaire du « scandale des moutons de l’Aïd 2026 ».
Ce dossier, considéré comme l’une des plus vastes affaires de corruption liées à des opérations d’importation subventionnées par l’État, implique à ce jour 41 personnes poursuivies. Les chefs d’inculpation retenus témoignent de la lourdeur des faits :
- Abus de fonction et trafic d’influence
- Dilapidation de deniers publics
- Violation méthodique de la réglementation des marchés publics
- Blanchiment d’argent
Des hauts responsables derrière les barreaux
La détention provisoire a été confirmée pour des cadres de premier plan, notamment le directeur général de la Société algérienne des viandes rouges (ALVIAR), son directeur des finances, le président de la commission d’évaluation des offres, des vétérinaires ainsi que des opérateurs économiques véreux.
Fraude sanitaire et bétail suspect : le fil des événements au port de Béjaïa
L’affaire remonte aux opérations d’importation massive menées entre le 25 mars et le 29 mai 2026, portant sur plus d’un million de têtes de bétail pour approvisionner le marché national avant l’Aïd El-Adha.
L’alerte a initialement été donnée au port de Béjaïa par une inspectrice vétérinaire intrépide, signalant des symptômes de maladies contagieuses dès l’imprégnation d’un navire. Mais au lieu de stopper la procédure, une commission hâtivement dépêchée sur place aurait fermé les yeux pour valider l’opération.
Un bilan sanitaire et financier désastreux
L’impact de ces manœuvres frauduleuses s’est avéré dévastateur pour la santé publique et le trésor public :
- 3 615 moutons morts durant le transit ou à l’arrivée.
- 10 727 têtes abattues en urgence pour raisons sanitaires.
- Des milliers d’animaux placés sous séquestre à travers le pays.
Une substitution d’animaux au cœur de la fraude
Outre les failles sanitaires, les investigations révèlent une tromperie d’une ampleur inédite : une substitution frauduleuse du cheptel.
Selon les éléments divulgués par l’enquête, des animaux préalablement contrôlés et certifiés dans le pays d’origine auraient été remplacés juste avant l’embarquement par d’autres moutons d’origine inconnue et non traçables. Une manœuvre spéculative hautement risquée qui a mis directement en danger la sécurité sanitaire du cheptel national.
En maintenant les suspects sous les verrous, la justice algérienne adresse un signal fort : aucune tolérance ne sera accordée face à la dilapidation des deniers publics et à la mise en danger de la santé des citoyens.
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