Le feuilleton judiciaire du scandale de corruption « Imétal » vient de connaître un dénouement majeur. Ce mardi 14 juillet, la Cour d’Alger a rendu son verdict en appel, redessinant le destin des figures clés de cette affaire d’État.
Au cœur de toutes les attentions, deux personnalités publiques majeures ont connu des fortunes radicalement différentes devant la justice : l’ex-ministre de l’Industrie Ali Aoun, dont la peine a été allégée, et l’ancien patron du football algérien Charaf-Eddine Amara, totalement blanchi.
Ali Aoun : Une peine de prison réduite à deux ans ferme
Ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun était le principal accusé politique de ce procès retentissant lié à la gestion du groupe public métallurgique Imétal.
La présidente de la dixième chambre pénale de la Cour d’Alger a finalement opté pour une relative clémence en appel par rapport au premier jugement :
- Verdict pour Ali Aoun : Sa peine a été réduite à trois ans de prison, dont deux ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars.
- Le cas de son fils : Son fils, Mehdi Aoun, également poursuivi dans cette affaire, voit sa condamnation fixée à quatre ans de prison ferme et 200 000 dinars d’amende.
Bien que la peine de l’ancien ministre ait été révisée à la baisse, la justice maintient une condamnation ferme, marquant la gravité des faits de corruption qui lui sont reprochés.
Charaf-Eddine Amara : L’acquittement total et la fin du calvaire
À l’opposé, c’est un immense ouf de soulagement pour Charaf-Eddine Amara. L’ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF) et ex-dirigeant de premier plan a été totalement acquitté par la Cour d’Alger.
La justice a jugé le dossier de l’ancien patron de la FAF vide de toute charge solide :
- Relaxe générale : Charaf-Eddine Amara est blanchi de l’intégralité des accusations de corruption qui pesaient sur lui.
- Restitution des droits : La Cour a ordonné la levée immédiate du contrôle judiciaire le concernant ainsi que la restitution de son passeport.
Cet acquittement vient laver l’honneur d’une des figures les plus en vue du paysage sportif et managérial algérien, qui clamait son innocence depuis le début de l’instruction.
Jusqu’à 10 ans de prison pour les autres co-accusés
Si la Cour a revu la peine d’Ali Aoun à la baisse et innocenté Charaf-Eddine Amara, elle s’est montrée d’une extrême fermeté envers d’autres prévenus impliqués dans les ramifications financières du groupe Imétal.
Les condamnations les plus lourdes :
- Abdelnour « Nono Manita » (homme d’affaires) et l’investisseur Sami Bouguetaya écopent de la peine maximale du dossier : 10 ans de prison ferme et un million de dinars d’amende.
- Mohamed Cherfaoui (opérateur économique) et Abdelhalim Kouara (président d’un club équestre) sont condamnés à 5 ans de prison ferme.
Les dirigeants d’entreprises publiques sanctionnés :
Le directeur général de Fondal, Noureddine S., et le PDG du géant de la sidérurgie Sider El Hadjar, Karim B., ont tous deux été condamnés à trois ans de prison ferme et un million de dinars d’amende.
D’autres relaxes prononcées :
À l’instar de Charaf-Eddine Amara, le concessionnaire Aymen Cheriet, le commissaire de police Atiya, ainsi que les pharmaciens Abdelkader Amraoui et Mohamed Habbès ont bénéficié d’un acquittement général et de la restitution de leurs documents de voyage.
Lien permanent : https://just-infodz.com/80ml
