Face à la nécessité d’accélérer la diversification de son économie, l’Algérie repense sa stratégie d’attractivité des investissements directs étrangers (IDE).
Dans un entretien accordé au quotidien Horizons Mohamed Sayoud, vice-président de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie), propose une approche pragmatique pour séduire le tissu industriel allemand : la mise à disposition d’usines et d’ateliers « clés en main » via une plateforme nationale dédiée.
Cette prise de parole intervient alors que les relations bilatérales connaissent une dynamique marquée par la visite officielle à Alger du ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, accompagné d’une importante délégation de chefs d’entreprise (Siemens Energy, Bosch Energy, Thyssenkrupp Uhde, VNG, VDA).
Le foncier « clé en main » : Lever le principal frein à l’investissement
L’offre industrielle classique, qui impose aux investisseurs d’acquérir un terrain, de construire puis de raccorder le site aux réseaux (électricité, gaz, eau, télécoms), génère des délais de plusieurs années. Pour un investisseur privé, ce temps mort représente un coût fixe majeur avant même la production de la première unité.
La proposition formulée par l’AHK Algérie repose sur un changement de paradigme :
- Déploiement rapide : Permettre aux entreprises allemandes d’installer leurs équipements et de démarrer la production en quelques semaines ou quelques mois.
- Flexibilité financière : Offrir des bâtiments industriels aménagés à la location ou à l’achat, réduisant le ticket d’entrée initial et le risque financier.
- Plateforme digitale transparente : Centraliser l’offre foncière et immobilière disponible pour garantir un accès fluide et équitable.
- Guichet unique : Désigner un interlocuteur unique par projet pour coordonner l’ensemble des démarches administratives, des autorisations aux raccordements.
Cette formule s’adresse directement à la structure du tissu économique allemand, composé en grande majorité de Petites et Moyennes Entreprises (PME) particulièrement sensibles à la maîtrise des risques et aux délais de retour sur investissement.
Un partenariat stratégique au-delà du secteur énergétique
Si la coopération énergétique reste centrale — notamment à travers la fourniture de gaz naturel et le développement du projet de couloir d’hydrogène vert SoutH2 Corridor —, l’ambition affichée est d’élargir le spectre industriel.
| Secteurs clés du partenariat | Domaines technologiques & Compétences |
|---|---|
| Industrie mécanique & Automobile | Pièces détachées, sous-traitance locale, intégration de chaînes de valeur |
| Mines & Agroalimentaire | Équipements de transformation, modernisation des procédés |
| Énergie & Environnement | Dessalement d’eau de mer, réduction du méthane, efficacité énergétique |
| Technologies & R&D | Industrie 4.0, intelligence artificielle, automatisation, numérisation |
L’Algérie, hub industriel vers l’Afrique et l’Europe
L’objectif de cette démarche ne réside pas dans l’importation de produits finis, mais dans la localisation progressive des processus de fabrication. Pour accéder pleinement aux avantages de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) depuis le territoire algérien, les entreprises doivent respecter les règles d’origine et atteindre des taux d’intégration locale significatifs.
Le succès du label « Made in Algeria » repose ainsi sur trois conditions fondamentales : l’accès immédiat à du foncier opérationnel, la simplification des procédures administratives et un transfert de technologie structuré par la formation professionnelle.
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