L’Algérie est-elle en passe de devenir le nouvel eldorado automobile de l’Europe ? C’est en tout cas le signal fort envoyé par Berlin.
Ainsi, une importante mission économique allemande vient de boucler une visite intensive de trois jours entre Alger et Oran. Objectif : poser les jalons de partenariats stratégiques dans un secteur en pleine ébullition.
Entre rencontres d’affaires électriques et visites de terrain, l’intérêt de l’Allemagne pour l’industrie automobile en Algérie s’est révélé particulièrement vif et concret.
Un engouement record à Alger : 135 opérateurs au rendez-vous
Le ton a été donné dès le coup d’envoi à Alger, lors d’une journée d’affaires co-organisée par la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK) et la Bourse de la sous-traitance (BSTPO). L’affluence a largement dépassé les attentes : près de 135 professionnels algériens ont répondu présents pour échanger directement avec la délégation germanique.
La présence de hauts responsables, notamment de la ministre déléguée allemande à l’Économie auprès de l’ambassade à Alger et d’Oliver Blank, directeur général de l’AHK, témoigne du soutien politique de Berlin à cette offensive industrielle.
« Le message adressé aux investisseurs allemands était clair : l’Algérie est devenue une véritable destination d’investissement. Les entreprises étrangères s’y implantent après une analyse approfondie des opportunités. Le pays est désormais une plateforme industrielle prometteuse », a affirmé à Echourouk, M.Rachid Bekchi, président de la BSTPO,
Cap sur Oran : L’Allemagne séduite par l’écosystème Stellantis
Après des haltes stratégiques au ministère de l’Industrie et à l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), la délégation allemande s’est rendue à Oran pour toucher du doigt la réalité du terrain.
Au cœur des discussions : l’expansion fulgurante du réseau de sous-traitance automobile. La visite de l’usine Fiat (groupe Stellantis) a permis de constater l’intégration locale croissante :
- 22 sous-traitants locaux collaborent déjà directement avec Stellantis.
- 16 opérateurs sont actifs dans les services après-vente.
- Le taux d’intégration dépasse aujourd’hui 20 % et ambitionne d’atteindre 30 % d’ici la fin de l’année.
Le modèle Aptiv et le transfert de compétences
Les industriels allemands ont également visité l’usine Aptiv, géant de la fabrication de faisceaux électriques. Captivée par les laboratoires de contrôle qualité et l’accent mis sur la formation continue des ingénieurs locaux, la délégation a salué ce projet comme un modèle de transfert de compétences technologiques.
De la sous-traitance aux projets concrets : Une usine allemande bientôt opérationnelle
Cet intérêt vif de l’Allemagne ne se limite pas à des intentions. Sur le terrain, les projets se concrétisent déjà. La mission s’est clôturée par la visite d’un site de fabrication de systèmes d’échappement à Oran — un investissement 100 % allemand en Algérie. Les équipements sont en cours d’installation et l’usine devrait commencer à fournir ses composants à Stellantis dès l’année prochaine.
Face à la transformation rapide du cadre réglementaire et macroéconomique algérien, la lune de miel industrielle entre Alger et Berlin semble ne faire que commencer. L’Algérie s’impose désormais comme le hub automobile incontournable de la région Nord-Africaine.
