La rencontre totalement folle de l’Algérie et l’Autriche n’a pas fini de faire parler d’elle. Si le scénario sur le terrain a été totalement fou, c’est la conférence de presse d’après-match qui a véritablement mis le feu aux poudres.
Visiblement très contrarié par le dénouement de la rencontre, le sélectionneur de l’Autriche, Ralf Rangnick, a lâché une bombe médiatique en remettant ouvertement en question la volonté de gagner des Verts.
Selon le technicien allemand, la majeure partie de l’équipe algérienne refusait de l’emporter, à l’exception de deux cadres.
« Mahrez et Aouar ont décidé seuls de gagner ce match »
C’est une accusation à peine voilée qui risque de faire couler beaucoup d’encre dans la sphère du football national. Face aux journalistes, Ralf Rangnick n’a pas mâché ses mots concernant l’attitude des Fennecs en fin de partie :
« Je n’arrive pas à croire ce qui s’est passé. Ce fut un scénario incroyable, fou. En 40 ans de carrière, je n’ai jamais vécu ça ou vu un scénario pareil. Même Alfred Hitchcock n’aurait pas fait mieux en matière de drama… Et puis, je crois qu’un ou deux joueurs ont décidé seuls d’aller marquer ce but contre l’avis de toute l’équipe. »
Relancé par les médias, l’ancien mentor de Thomas Tuchel a directement ciblé les deux stars de l’entrejeu et de l’attaque algérienne : Riyad Mahrez et Houssem Aouar. Selon lui, ce sont eux, et eux seuls, qui ont forcé le destin du match en fin de rencontre, allant à l’encontre d’une supposée consigne collective passive.
Le spectre de l’Espagne et le traumatisme de 1982 évoqués
Pourquoi l’Algérie aurait-elle refusé la victoire ? Pour Rangnick, la réponse est purement stratégique, liée au tableau des phases finales (ou des futurs adversaires). Le sélectionneur autrichien est persuadé que les Verts calculaient leur coup :
- Le calcul supposé : « Personne ne pourra me convaincre que les joueurs algériens, que l’Algérie préféraient affronter l’Espagne que l’Autriche. C’est impossible », a-t-il martelé.
- La tension en zone mixte : Face à ces provocations, les journalistes présents ont tenté de lui opposer la joie apparente de l’équipe après le but de Mahrez, la déception lors de l’égalisation autrichienne, ou encore le souvenir du mythique « match de la honte » de 1982 contre la RFA et l’Autriche, que cette génération aurait pu vouloir venger.
Ces arguments ont eu le don d’agacer profondément le coach autrichien. S’emportant face à la presse, il a répondu sèchement :
« Si vous avez regardé les 15 dernières minutes du match, vous savez que l’Algérie ne voulait pas gagner le match… mais je ne suis pas fâché de jouer à Los Angeles… »
Quand les Fennecs accélèrent, l’Autriche souffre
Derrière la polémique et le « drama » psychologique, Ralf Rangnick a tout de même reconnu la supériorité technique et l’impact physique des joueurs de la sélection algérienne dès qu’ils se mettaient à jouer à leur vrai niveau.
« L’Algérie a de bonnes individualités, ils ont beaucoup de mobilité. Lorsqu’ils étaient menés, ils ont poussé sur l’accélérateur, et là nous avons souffert. Nous avons souffert surtout dans les duels. »
Cette sortie médiatique explosive de Rangnick témoigne de la frustration légitime d’un coach dépassé par le talent brut des Fennecs, mais ses accusations de calcul stratégique risquent de tendre durablement les relations entre les deux nations du football. Une chose est sûre : l’Algérie, portée par le duo Mahrez-Aouar, a prouvé qu’elle jouait pour gagner, n’en déplaise à ses détracteurs.
