La hache de guerre est officiellement déterrée. Ce jeudi, l’Algérie a tranché dans le vif en annonçant la rupture sèche de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis (EAU).
Une décision radicale qui sanctionne des mois d’escalade et concrétise le divorce belliqueux entre le géant d’Afrique du Nord et la monarchie du Golfe.
Lors d’un entretien accordé à la presse nationale, le président Abdelmadjid Tebboune a porté des accusations d’une gravité inédite, fustigeant la stratégie d’ingérence d’Abou Dhabi au Maghreb, au Sahel et bien au-delà.
« Qu’ils nous laissent tranquilles » : la charge virulente d’Abdelmadjid Tebboune
Sans détours, le chef d’État algérien a dénoncé le rôle déstabilisateur d’Abou Dhabi, ciblant ce qu’il a qualifié sans détour de « micro-État malfaisant ». « Là où ils mettent les pieds, il y a du sang qui coule […]. Pour éviter cela, je le dis encore une fois : qu’ils nous laissent tranquilles. Je ne parle pas dans le vide. Nous avons des preuves ! », a martelé Abdelmadjid Tebboune.
Cette sortie volcanique n’est pas un coup de colère isolé, mais le point d’orgue d’un ras-le-bol accumulé par l’appareil d’État algérien face aux manœuvres émiraties à ses frontières directes.
Un réquisitoire lourd : espionnage, Sahel et pressions sur la Tunisie
Pour Alger, l’activisme diplomatique et financier d’Abou Dhabi s’arente à un travail d’encerclement stratégique. Le dossier d’accusation compilé par les autorités algériennes s’articule autour de trois axes majeurs :
- Guerre de l’information et cyber-espionnage : Abou Dhabi est soupçonné de fournir à des tiers des technologies d’écoute et de surveillance avancées pour cibler prioritairement les infrastructures et dignitaires algériens.
- Déstabilisation sécuritaire du Sahel : Les Émirats sont accusés d’un double jeu toxique au Mali et au Tchad, attisant l’instabilité aux frontières sud de l’Algérie.
- Chantage diplomatique sur Tunis : Dès août 2024, le chef du mouvement El-Bina, Abdelkader Bengrina, alertait sur des démarches émiraties agressives incitant la Tunisie à normaliser ses relations avec l’entité sioniste, au mépris de la position historique algérienne.
Revelations de l’ONU : 50 millions de dollars versés à Al-Qaïda au Mali
La détérioration des relations s’inscrit dans un contexte où les méthodes émiraties au Sahel suscitent l’inquiétude internationale. Selon des informations révélées par l’agence Reuters et appuyées par un rapport confidentiel d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU, Abou Dhabi aurait directement orchestré le paiement d’une rançon record de 50 millions de dollars à la branche d’Al-Qaïda au Mali (le GSIM/JNIM).
Effectuée sous couvert de libérer un ressortissant émirati enlevé fin 2025, cette transaction massive représente une injection de liquidités sans précédent pour le réseau terroriste sahélien, contredisant frontalement les engagements internationaux de lutte contre le financement du terrorisme.
[ Abou Dhabi / EAU ]
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├─► Injection de 50M$ (Rançon GSIM / Sahel)
├─► Soutien logistique & Mercenariat (FSR / Soudan)
└─► Extraction de ressources (Plaque tournante de l'or)
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[ Instabilité Régionale & Rupture avec Alger ]
Du Soudan au Sahel : l’or du conflit et le recours aux mercenaires
Le ressentiment algérien résonne avec le drame soudanais, où le rôle d’Abou Dhabi est vivement contesté. Le général Abdel-Fattah Al-Burhane a récemment rejeté un plan de paix américain en raison de la présence des Émirats parmi les médiateurs, qualifiant la monarchie de partie prenante au conflit via son soutien logistique aux Forces de Soutien Rapide (FSR).
- L’or de contrebande : Selon l’ONG suisse Swissaid, les Émirats sont devenus le deuxième importateur mondial d’or derrière la Suisse. Leurs importations d’or soudanais ont bondi de 17 tonnes en 2023 à 29 tonnes en 2024 (+70 %), alimentant une économie de guerre basée sur le pillage des zones aurifères.
- Logistique de guerre : Des diplomates et observateurs accusent les EAU d’acheminer armes et mercenaires — notamment latino-américains — via le Tchad et la Libye. L’été dernier, l’interception d’un avion militaire émirati abattu au Darfour avec un dignitaire local à son bord a apporté une preuve matérielle de cette implication direct.
L’Afrique face à la stratégie de la terre brûlée
Entre le financement indirect de groupes armés au Sahel et l’approvisionnement en or de conflit au Soudan, la diplomatie émiratie fait l’objet de critiques grandissantes sur le continent. En rompant officiellement ses liens diplomatiques, l’Algérie entend poser une ligne rouge infranchissable face aux ambitions émiraties, affirmant son refus de voir sa zone d’influence et sa sécurité nationale bradées au profit d’intérêts géopolitiques extérieurs.
En officialisant cette rupture nette, Alger ne se contente pas de fermer une ambassade : l’État algérien trace une ligne de fracture stratégique au cœur du monde arabe. Face aux réseaux d’influence et au pragmatisme financier agressif d’Abou Dhabi, l’Algérie réaffirme sa doctrine historique de souveraineté absolue et d’anti-impérialisme. Le message envoyé au Golfe est désormais limpide : sur le terrain africain et maghrébin, le géant fâché ne tolérera plus aucun joueur de l’ombre.
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