Après une année 2025 marquée par des achats records d’équipements photovoltaïques, l’Algérie connaît un ralentissement sensible de ses importations de panneaux solaires en provenance de Chine.
Alors que le pays réaffirme ses ambitions d’atteindre 15 GW d’énergies renouvelables d’ici 2035, l’accent est désormais mis sur l’exécution des projets sur le terrain et la recherche de financements internationaux stratégiques.
Baisse de 46 % des importations de panneaux chinois au premier semestre
Selon les données consolidées par l’Unité de recherche sur l’énergie (URE), basée à Washington, l’Algérie a importé 460 mégawatts (MW) de panneaux solaires chinois entre janvier et juin, contre 850 MW sur la même période l’année précédente. Ce repli de 46 % sur un an représente une baisse nette de 390 MW.
L’analyse trimestrielle montre une décélération progressive des expéditions :
- Premier trimestre : 300 MW importés.
- Deuxième trimestre : 160 MW seulement, soit une chute de 60 % par rapport aux 400 MW du deuxième trimestre précédent et un recul de 47 % par rapport au trimestre initial.
Détail des volumes mensuels au cours des six premiers mois
Les volumes mensuels d’approvisionnement affichent des tendances contrastées :
- Janvier : 110 MW (baisse de 71 % sur un an, soit le plus fort recul absolu avec -270 MW).
- Février : 40 MW.
- Mars : 150 MW (pic du semestre, en hausse de 150 % par rapport aux 60 MW de mars 2025).
- Avril : 40 MW (plus forte baisse relative avec -75 % sur un an).
- Mai : 40 MW (chute de 73 %).
- Juin : 80 MW.
Une stabilisation après le pic d’approvisionnement de 2025
Cette modération des arrivages à l’approche de l’été s’explique par la logique opérationnelle des projets. En 2025, l’Algérie avait réalisé un saut quantitatif spectaculaire : les importations avaient été multipliées par six pour atteindre 2,1 gigawatts (GW) sur l’année, contre 350 MW en 2024.
Cette vague massive répondait aux besoins initiaux d’approvisionnement pour la construction des premiers grands parcs photovoltaïques. La période actuelle marque la transition progressive entre la réception du matériel et la phase d’assemblage, d’installation et de raccordement effectif.
Un objectif global de 15 GW d’ici 2035 et un investissement de près de 10 milliards $
Selon les informations rapportées par le quotidien « L’Algérie Aujourd’hui », la stratégie nationale vise le déploiement de 11,8 GW supplémentaires afin de porter la capacité globale du pays à 15 GW (15 000 MW) à l’horizon 2035.
| Paramètre | Valeur / Objectif |
|---|---|
| Capacité renouvelable installée (fin 2025) | 619 MW |
| Capacité supplémentaire visée | 11,8 GW |
| Capacité totale visée d’ici 2035 | 15 GW (15 000 MW) |
| Coût estimé de la seconde étape (CDN ONU) | ~9,84 milliards de dollars |
Comme l’indique la Contribution déterminée au niveau national (CDN) déposée auprès de l’ONU Climat, cette nouvelle étape stratégique nécessite un investissement estimé à 9,84 milliards de dollars. Ce montant est alloué à quatre axes majeurs :
- La construction de nouveaux parcs photovoltaïques et éoliens, notamment dans le Grand Sud.
- La modernisation et le renforcement du réseau national de transport d’électricité.
- L’intégration de technologies avancées de stockage d’énergie pour gérer l’intermittence.
- Le transfert de compétences et la formation spécialisée de la main-d’œuvre locale.
L’appui financier international au cœur du déploiement
Pour mener à bien cette feuille de route ambitieuse, la mobilisation de capitaux extérieurs devient une priorité affirmée. L’État algérien entend s’appuyer sur plusieurs mécanismes multilatéraux d’aide au climat :
- Le Fonds vert pour le climat (FVC)
- Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM)
- Le Fonds d’adaptation
- Les partenariats de coopération bilatérale et régionale
Alors que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) adopte des prévisions prudentes — estimant la part du solaire dans le mix électrique national à 2 % d’ici 2030 (contre 1 % en 2025) en raison des délais opérationnels —, la levée de ces financements et la modernisation des infrastructures réseau constitueront les leviers décisifs pour transformer les volumes d’équipements importés en capacités de production durables.
Lien permanent : https://just-infodz.com/ihni
