Pour concrétiser son ambitieux programme d’énergie solaire photovoltaïque d’ici 2035, l’Algérie fait face à un défi financier majeur.
Si les premières centrales sont financées sur fonds propres, la montée en puissance du plan national dépendra en grande partie de la mobilisation de bailleurs de fonds et de partenaires internationaux.
Un défi à 9,8 milliards de dollars à l’horizon 2035
L’Algérie accélère le rythme de sa transition énergétique. Après avoir engagé la réalisation d’une première tranche de 3,2 gigawatts (GW) sur ses propres deniers — dont la mise en service progressive est prévue à partir de 2026 pour s’achever début 2027 —, le pays prépare activement la seconde phase de son plan stratégique.
Selon nos confrères du quotidien « l’Algerie aujourd’hui », l’objectif final est massif : installer 11,8 GW supplémentaires pour atteindre une capacité globale de 15 GW d’ici 2035. Selon les données figurant dans la Contribution déterminée au niveau national (CDN) déposée auprès de l’ONU Climat, le coût de cette seconde étape est estimé à près de 9,84 milliards de dollars. Un montant colossal qui couvre :
- La construction de nouveaux parcs photovoltaïques et éoliens dans le Grand Sud ;
- Le renforcement et la modernisation du réseau national de transport d’électricité ;
- L’intégration de technologies avancées de stockage d’énergie ;
- Le transfert de compétences et la formation de la main-d’œuvre locale.
L’appui financier international : La clé de voûte de la décarbonation
Pour mener à bien ce saut quantique, la mobilisation de financements extérieurs s’impose désormais comme une option centrale et assumée. Pour capter les ressources nécessaires, l’État algérien vise les grands mécanismes multilatéraux d’aide au climat, parmi lesquels :
- Le Fonds vert pour le climat (FVC) ;
- Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) ;
- Le Fonds d’adaptation ;
- La multiplication de coopérations bilatérales et régionales sur mesure.
L’enjeu va bien au-delà de la simple production verte : en portant la part du solaire à 28 % de son mix électrique, l’Algérie entend décarboner durablement son économie tout en préservant ses ressources nationales.
Le calcul stratégique : Chaque kilowattheure d’origine solaire produit permet d’économiser de précieux milliards de mètres cubes de gaz naturel. Ce gaz préservé pourra être réorienté vers l’exportation, générant ainsi de nouvelles devises pour le pays.
Vers un partenariat stratégique renforcé avec l’Europe
Cette quête de capitaux et de technologies suscite un intérêt croissant sur la scène internationale, particulièrement du côté européen. Plusieurs signaux témoignent d’un rapprochement stratégique :
| Projet / Partenariat | Partenaires impliqués | Objectif stratégique |
|---|---|---|
| Coopération Photovoltaïque | Algérie – Allemagne | Développement de grands parcs solaires dans le Sud algérien. |
| Projet Medlink | Algérie – Italie | Interconnexion électrique sous-marine pour exporter de l’énergie verte. |
| Interconnexion Espagne | Algérie – Espagne | Relance des études pour le transport d’électricité transfrontalier. |
| SoutH2 Corridor | Algérie – Union Européenne | Pipeline dédié au transport de l’hydrogène vert vers le cœur de l’Europe. |
Grâce à son gisement solaire parmi les plus élevés au monde et sa proximité géographique avec l’Europe, l’Algérie dispose d’atouts majeurs. Le recours aux financements et partenariats extérieurs s’annonce ainsi comme un levier gagnant-gagnant : il permettra à Alger de financer sa transition sans grever son budget, tout en offrant à l’Europe un accès direct à une énergie propre et sécurisée.
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