La justice algérienne maintient sa ligne de fermeté dans les dossiers de corruption liés à l’ère Bouteflika.
Ce mardi 7 juillet, le tribunal du pôle pénal spécialisé de Sidi M’hamed (Alger) a rendu son verdict dans l’affaire impliquant El Ouafi Ould Abbès, fils de l’ancien secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbès.
Le prévenu, actuellement en fuite à l’étranger, a été condamné à une peine de 10 ans de prison ferme et à une amende de 8 millions de dinars algériens (DZD).
Blanchiment d’argent et fausse identité : un exil sous haute surveillance
Poursuivi principalement pour des faits de blanchiment d’argent, El Ouafi Ould Abbès voit également le mandat d’arrêt international émis à son encontre fermement reconduit par le juge. Le tribunal a par ailleurs ordonné des sanctions financières et patrimoniales majeures :
- Confiscation totale de l’ensemble de ses biens immobiliers et bancaires.
- 50 millions de dinars d’indemnisation à verser au Trésor public en réparation du préjudice subi par l’État algérien.
L’enquête a également mis en lumière les stratagèmes utilisés par le prévenu pour échapper aux mailles du filet. En 2019, ce dernier s’était doté d’une fausse identité. C’est grâce à des recherches approfondies menées via le système de coopération policière internationale qu’Interpol a pu l’identifier formellement sous son vrai nom : El Wafi Foud Elbachir Ould Abbas. Il faisait d’ailleurs l’objet d’une notice rouge d’Interpol depuis janvier 2020.
Une saga judiciaire familiale liée à l’ancien régime
Ce verdict vient confirmer une première condamnation par défaut prononcée en septembre 2020. L’affaire El Ouafi Ould Abbès reste intrinsèquement liée aux dossiers de corruption qui ont touché son père, Djamel Ould Abbès.
Rappel des faits : L’ancien secrétaire général du FLN et ex-ministre de la Solidarité nationale avait lui-même été condamné à 8 ans de prison ferme et à un million de dinars d’amende pour « détournement et dilapidation de deniers publics », « conclusion de marchés en violation de la législation » et « abus de fonction », une peine confirmée ultérieurement par la Cour d’Alger.
Avec cette nouvelle décision, la justice algérienne envoie un signal fort sur sa détermination à recouvrer les fonds dilapidés et à poursuivre les figures de l’ancien régime, même au-delà des frontières nationales.
