Après des mois de vives tensions entre l’Algérie et le Mali, Alger et Bamako amorcent un tournant stratégique majeur.
Ce samedi 25 juillet 2026, le ministre des Affaires étrangères, M.Ahmed Attaf a rencontré àl’ambassadeur du Mali en Algérie, marque la concrétisation d’une normalisation tant attendue au Sahel.
Un signal fort : la reprise officielle des fonctions diplomatiques
Le processus de normalisation entre l’Algérie et le Mali franchit un cap décisif. Ce matin, au siège du ministère des Affaires étrangères, le ministre d’État, Ahmed Attaf, a officiellement reçu l’ambassadeur de la République du Mali en Algérie, Mahamadou Amaga Dolo.
Cette visite de courtoisie, qui fait suite au retour de l’ambassadeur malien à son poste à Alger, concrétise l’apaisement des relations bilatérales. Selon les autorités algériennes, cette rencontre s’inscrit pleinement dans « la dynamique positive que connaissent récemment les relations de fraternité et de bon voisinage entre l’Algérie et le Mali », ouvrant la voie à une consolidation accrue de la coopération bilatérale.
Une désescalade minutieusement orchestrée entre Alger et Bamako
Ce retour à la normale met fin à une période de quasi-rupture diplomatique qui durait depuis le printemps 2025. Pour acter cette réconciliation, les deux chancelleries ont déroulé une stratégie de communication parfaitement synchronisée :
- Réouverture réciproque des espaces aériens : Alger a ouvert le bal en annonçant la levée des restrictions aériennes pour les vols maliens, immédiatement suivie par Bamako qui a rouvert son espace aérien à l’ensemble des aéronefs civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie.
- Retour croisé des ambassadeurs : Dans la foulée, le Mali et l’Algérie ont officialisé le réengagement de leurs représentants diplomatiques respectifs dans leurs capitales hôtes.
Fin d’une crise au sommet : du crash du drone à la diplomatie
Les relations entre les deux voisins s’étaient considérablement détériorées à la suite des reconfigurations politiques à Bamako issues des coups d’État de 2020 et 2021.
Les tensions avaient atteint leur paroxysme lors de la destruction d’un drone malien près de la frontière commune — un incident majeur où Alger invoquait une violation de sa souveraineté aérienne, tandis que la junte malienne soutenait que l’appareil opérait sur son propre territoire.
À retenir : La dégradation sécuritaire dans le nord du Mali, illustrée par la prise de contrôle de Kidal par une coalition de combattants jihadistes et indépendantistes, a redéfini les urgences stratégiques de la région.
Face aux défis sécuritaires transfrontaliers complexes, le rétablissement des canaux diplomatiques directs s’est imposé comme une nécessité absolue pour la stabilité du Sahel et la protection des frontières communes.
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