Le ton monte entre les autorités algériennes et les associations de défense des consommateurs.
Suite à une vive polémique sur la conformité de la pastèque, le ministère de l’Intérieur hausse le ton et menace directement de geler les activités de la puissante organisation Algérienne de Protection et d’Orientation du Consommateur et de son Environnement (APOCE).
Une polémique estivale qui vire à l’affrontement politique
C’est une affaire de santé publique qui prend désormais une tournure juridique et administrative majeure. Alors que des rumeurs et des alertes concernant la non-conformité de la pastèque à la consommation enflammaient les réseaux sociaux, le couperet des autorités est tombé.
Dans un communiqué officiel conjoint, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités Locales et de l’Aménagement du Territoire, appuyé par les ministères du Commerce, de l’Agriculture et de la Pêche, a catégoriquement démenti ces accusations, les qualifiant de « fausses informations visant à porter atteinte à l’économie nationale ».
Mais au-delà du démenti sur la qualité du fruit, c’est le ciblage direct de l’Organisation Algérienne de Protection et d’Orientation du Consommateur et de son Environnement (APOCE) qui retient toute l’attention.
Le ministère accuse l’APOCE de « violation de ses missions »
Dans le collimateur de l’État, les sorties médiatiques de l’APOCE sont jugées intolérables par les pouvoirs publics. Le communiqué ministériel est d’une fermeté rare, accusant nommément l’association de sortir de son cadre légal :
« Les déclarations faites par l’APOCE constituent une violation des missions qui lui sont dévolues. Par conséquent, elle doit se conformer aux principes nécessaires dans son domaine de compétence et soumettre ses préoccupations aux autorités habilitées, sans s’immiscer dans des sujets qui ne relèvent pas de ses prérogatives. »
Pour les ministères signataires, la communication de l’APOCE sur la sécurité alimentaire a franchi une ligne rouge, mettant en péril les efforts de relance économique et l’exportation des produits agricoles nationaux.
La menace ultime : Le gel des activités de l’association (Article 40)
Face à ce qu’il qualifie de dérive, le ministère de l’Intérieur ne compte pas en rester aux simples avertissements. Le communiqué brandit clairement la menace d’une dissolution temporaire ou d’un blocage juridique de l’organisation de protection des consommateurs.
Le texte rappelle ainsi son droit d’engager des poursuites et de prendre des mesures radicales, évoquant explicitement :
- Le recours aux dispositions prévues par la législation en vigueur contre tout contrevenant.
- Le gel pur et simple des activités de l’APOCE, conformément aux dispositions de l’article 40 de la loi n° 12-06 du 12 janvier 2012 relative aux associations.
Un signal fort envoyé à la société civile
En brandissant l’article 40 de la loi sur les associations, le gouvernement envoie un message de fermeté absolue. Si les autorités réaffirment que « la santé publique reste au cœur des préoccupations des pouvoirs publics », elles tracent également une frontière très stricte sur ce que les associations de consommateurs ont le droit — ou non — de divulguer publiquement.
Reste à savoir comment réagira l’APOCE face à cette menace directe de suspension, qui pourrait geler l’un des contre-pouvoirs les plus actifs et écoutés par les citoyens algériens ces dernières années.
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