Face aux défis climatiques et à la pression croissante sur les ressources en eau, l’Algérie accélère la diversification de sa stratégie énergétique.
En s’alliant avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le pays ambitionne d’intégrer les technologies de pointe, notamment les petits réacteurs modulaires (SMR), pour répondre à un double enjeu crucial : la production d’électricité et l’alimentation des stations de dessalement de l’eau de mer.
Un partenariat stratégique avec l’AIEA pour les SMR
La volonté de l’Algérie de se tourner vers l’atome civil s’est concrétisée lors de discussions de haut niveau à Vienne. En marge de la conférence générale de l’organisation internationale, le ministre de l’Énergie, Mourad Adjal, s’est entretenu avec le Directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi.
Dans un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), Rafael Mariano Grossi a souligné la dynamique de cette coopération :
« L’Algérie examine les possibilités qu’offre l’énergie nucléaire avec le soutien de l’AIEA, dans le cadre de notre accord conjoint visant à promouvoir l’utilisation des petits réacteurs modulaires pour la production d’électricité et le dessalement. »
Ces réacteurs de nouvelle génération, réputés pour leur flexibilité et leur sécurité renforcée, constituent une alternative idéale pour les pays cherchant à sécuriser des sources d’énergie stables tout en réduisant leur empreinte carbone.
Dessalement et électricité : Répondre aux besoins vitaux de l’Algérie
Pour un pays aux vastes étendues côtières comme l’Algérie, le dessalement de l’eau de mer est devenu un axe stratégique incontournable pour garantir la sécurité hydrique face au stress hydrique chronique. Cependant, ces infrastructures de dessalement sont extrêmement énergivores.
L’intégration de centrales nucléaires modulaires (SMR) offre une solution d’avenir hautement synergique :
- Alimentation électrique continue : Contrairement aux énergies renouvelables intermittentes, les SMR fournissent une puissance de base ininterrompue.
- Cogénération thermique : La chaleur excédentaire générée par les réacteurs peut être directement valorisée pour alimenter les procédés de dessalement de l’eau de mer de manière plus efficiente.
- Optimisation du mix énergétique : Cette démarche permet de préserver les ressources en gaz naturel du pays, traditionnellement utilisées pour la production électrique, afin de les orienter vers l’exportation ou d’autres usages industriels.
Un rôle clé sur la scène internationale et sanitaire
Au-delà du volet strictement énergétique et hydraulique, la participation active de l’Algérie à la conférence de Vienne illustre son engagement global dans les technologies nucléaires pacifiques.
À cette occasion, Rafael Mariano Grossi a tenu à saluer l’implication majeure de l’Algérie dans le programme international « Rays of Hope » (Rayons d’espoir), une initiative de l’AIEA visant à élargir l’accès aux soins oncologiques et à la radiothérapie dans les pays en développement.
Vers une feuille de route concrète
Avec cet accompagnement technique de l’AIEA, l’Algérie pose les jalons d’une transition technologique mûrement réfléchie. Si les projets de SMR en sont encore aux phases d’études et d’évaluation des infrastructures, cette vision avant-gardiste pourrait transformer en profondeur le paysage énergétique national et garantir durablement l’approvisionnement en eau potable des populations.
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