Le gouvernement algérien accélère la cadence sur ses mégaprojets miniers. Ce mercredi 23 septembre 2026, trois ministres ont donné le coup d’envoi officiel de la construction du quai minéralier au port d’Annaba.
Une infrastructure portuaire colossale qui représente le dernier maillon logistique du très stratégique Projet de Phosphate Intégré (PPI), un levier majeur pour les exportations hors hydrocarbures du pays.
Trois ministres à Annaba
C’est une étape décisive pour l’économie algérienne et son industrie minière. Le Ministre des Travaux Publics et des Infrastructures de Base, Abdelkader Djellaoui, accompagné du Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et du Ministre des Mines et des Industries Minières, Mourad Hanifi, a effectué ce mercredi une visite d’inspection stratégique au port d’Annaba. L’objectif : lancer officiellement la réalisation des installations du quai minéralier et évaluer l’état d’avancement de ce chantier hors norme.
Ce projet portuaire ne se résume pas à un simple quai. Il constitue l’ultime interface logistique permettant l’exportation des produits issus du Projet de Phosphate Intégré (PPI), un investissement colossal visant à hisser l’Algérie parmi les leaders mondiaux de l’exportation de fertilisants et de produits miniers.
Des prouesses techniques et une première technologique en Algérie
Sur le terrain, la délégation ministérielle a pu constater l’ampleur des travaux d’aménagement et de renforcement des sols. Le chantier affiche déjà des chiffres impressionnants :
- Battage de pieux : À ce jour, 910 pieux ont été battus sur les 1 322 prévus. La cadence actuelle, qui oscille entre 7 et 10 pieux par jour, démontre la volonté des autorités d’accélérer le rythme pour respecter les délais.
- Remblaiement maritime : L’aménagement de la zone arrière du quai, qui s’étend sur une superficie de 82 hectares, a nécessité le dragage et le remblaiement de sable de mer. Environ 1,2 million de mètres cubes ont été récemment ajoutés, portant le volume total à près de 2 millions de mètres cubes, sur un objectif final fixé à 5 millions.
- Digue en enrochement : Un nouveau front a été ouvert pour le déversement direct de roches par camions, accélérant ainsi la construction du brise-lames en complément des opérations maritimes.
Mais la véritable innovation de ce chantier réside dans l’utilisation, pour la première fois en Algérie, de la technique des drains verticaux préfabriqués (PVD). Cette technologie de pointe permet de consolider les couches profondes du sol marin, de maîtriser le taux de tassement et d’augmenter drastiquement la capacité de la zone à supporter les charges colossales de la future superstructure du quai, notamment les poutres et les dalles préfabriquées en béton armé dont la production est en cours de préparation.
Un consortium algéro-chinois à la manœuvre
Pour mener à bien ce chantier d’envergure complexe, le groupe pétrolier et gazier Sonatrach a confié les travaux à un consortium de géants de la construction. Le projet est piloté par la China Harbour Engineering Company (CHEC), associée à un groupement d’entreprises algériennes de premier plan comprenant Cosider Travaux Publics et la Société Nationale Méditerranéenne de Travaux Maritimes (MEDITRAM).
Cette alliance stratégique algéro-chinoise a pour mission de livrer l’ensemble des structures portuaires nécessaires à la réception, au stockage et au chargement des produits miniers et industriels vers les marchés internationaux.
Une chaîne logistique de 422 kilomètres
Lors de ce déplacement, le ministre Abdelkader Djellaoui a tenu à rappeler l’importance de ce nœud maritime. Le quai minéralier d’Annaba n’est pas un projet isolé ; il est la porte de sortie d’un corridor logistique intégré. Il est en effet directement interconnecté au réseau ferroviaire de 422 km, actuellement en phase de modernisation et d’extension, qui relie les bassins miniers de l’Est algérien (Tébessa, Souk Ahras, Skikda) à la façade méditerranéenne.
Face aux enjeux économiques, le Ministre des Travaux Publics s’est montré ferme quant au respect des échéances. Il a instruit les entreprises réalisatrices d’intensifier le suivi sur le terrain et d’optimiser la coordination intersectorielle. « L’objectif est de garantir un traitement immédiat de toute contrainte technique et de maintenir une cadence de réalisation optimale pour une livraison dans les délais impartis », a-t-il souligné.
Avec le lancement de ces travaux maritimes, l’Algérie franchit le point de non-retour dans la concrétisation de son Projet de Phosphate Intégré. Une fois opérationnel, ce quai minéralier transformera le port d’Annaba en un hub névralgique du commerce minier en Méditerranée, concrétisant ainsi la stratégie nationale de diversification économique.
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