La perception de l’Algérie par les États-Unis semble évoluer de manière notable, marquée par une reconnaissance économique de plus en plus affirmée.
Ainsi, plusieurs signaux récents, issus à la fois de la presse américaine et de centres de réflexion influents, confirment l’intérêt croissant porté à l’économie algérienne, désormais considérée comme un marché stratégique en pleine transformation en Afrique du Nord.
Une coopération qui dépasse désormais le cadre traditionnel
En effet, et dans ce contexte, les relations algéro-américaines entrent dans une nouvelle phase, caractérisée par un approfondissement des échanges économiques et une volonté partagée de bâtir des partenariats durables au-delà des secteurs traditionnels.
Selon les déclarations de l’ambassadeur d’Algérie à Washington, Sabri Boukadoum, reprises dans une analyse publiée par Business Focus, les conditions sont désormais réunies pour élargir considérablement la coopération bilatérale dans plusieurs domaines stratégiques.
Longtemps centrées sur les hydrocarbures et les échanges commerciaux classiques, les relations économiques entre Alger et Washington évoluent désormais vers un modèle plus intégré, fondé sur l’investissement, la technologie et les partenariats industriels. Pour Sabri Boukadoum, cette évolution repose sur deux dynamiques complémentaires : les réformes économiques engagées par l’Algérie et l’intérêt croissant des entreprises américaines pour les marchés émergents à fort potentiel.
Le diplomate souligne également le renforcement du dialogue politique entre les deux pays ainsi que la progression continue des échanges commerciaux, éléments qui favorisent l’émergence de projets structurants à long terme.
L’accord sur les vaches laitières, symbole d’une stratégie plus large
Parmi les initiatives emblématiques figure l’accord signé en janvier 2025 portant sur l’importation progressive de 30.000 vaches laitières américaines, première phase d’un programme visant à atteindre environ 240.000 têtes. Ce projet étant destiné au projet Baladna. Si le projet est agricole dans sa forme, il s’inscrit dans une vision stratégique plus large de sécurité alimentaire et de modernisation du secteur agricole.
Pour Sabri Boukadoum, cette opération dépasse largement le cadre d’une simple transaction commerciale. Elle constitue un levier pour moderniser la production locale, améliorer les rendements et réduire la dépendance aux importations, en intégrant davantage de technologies et de savoir-faire.
Une diversification économique aux multiples secteurs
La stratégie algérienne de diversification économique ouvre aujourd’hui un large éventail d’opportunités pour les investisseurs américains. Selon le diplomate, les secteurs concernés sont nombreux : agriculture et agro-industrie ; énergies renouvelables ; infrastructures et BTP ; transport et logistique ; mines et ressources naturelles ; gestion de l’eau ; technologies numériques ; santé et industrie manufacturière. Cette diversification traduit la volonté de l’Algérie de se positionner comme une économie multisectorielle, capable d’attirer des investissements structurants et durables.
Le numérique comme pilier des futures coopérations
Le développement du numérique constitue un autre axe majeur de coopération entre l’Algérie et les États-Unis. L’Algérie investit activement dans la transformation digitale, tandis que les entreprises américaines disposent d’une expertise avancée dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle ; le cloud computing ; la cybersécurité ; les télécommunications ; la fintech ou encore les infrastructures numériques.
Ces technologies sont perçues par Alger comme des outils essentiels de modernisation économique, permettant d’améliorer la gouvernance, la compétitivité des entreprises et la qualité des services.
Réformes économiques et amélioration du climat des affaires
Dans ce sillage, l’ambassadeur Sabri Boukadoum met également en avant les réformes engagées sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, visant à améliorer le climat des affaires et à renforcer l’attractivité du pays.
Le nouveau cadre juridique de l’investissement introduit davantage de transparence, simplifie les procédures administratives, renforce la protection des investisseurs et améliore la prévisibilité réglementaire. Ces évolutions sont considérées comme essentielles pour rassurer les investisseurs étrangers et encourager les engagements à long terme.
Selon Sabri Boukadoum, le potentiel de coopération entre Alger et Washington reste encore largement sous-exploité.
Une reconnaissance internationale de plus en plus visible
Il convient de souligner que cette évolution est également confirmée par plusieurs analyses américaines récentes. Le quotidien USA Today a consacré un dossier à l’Algérie, la présentant comme une future destination majeure d’investissement en Afrique du Nord, notamment grâce à sa stratégie de diversification économique et à ses opportunités dans les secteurs de l’énergie, des mines et du numérique. De son côté, le think tank Atlantic Council souligne que la sortie de l’Algérie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) constitue un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux.
Cette décision, intervenue moins de vingt mois après l’inscription du pays en octobre 2024, est perçue comme un indicateur de progrès rapide en matière de conformité financière et de gouvernance économique.
