Les allergies et les troubles immunitaires connaissent une progression fulgurante à travers le monde, et l’Algérie n’échappe pas à cette réalité.
Face à ce véritable défi de santé publique, Alger est devenue, ce jeudi 18 juin 2026, la capitale de la recherche médicale. Sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre de la Santé, le Pr Mohamed Sadek Aït Messaouden, a inauguré le 17e Congrès afro-européen d’allergologie et d’immunologie clinique à l’Hôtel El Aurassi.
Organisé par l’Association algérienne d’allergologie et d’immunologie clinique (AAAIC), cet événement d’envergure internationale rassemble l’élite des experts, chercheurs et professionnels de la santé des deux continents pour repenser la stratégie de soins face à la hausse des pathologies inflammatoires et respiratoires.
Une explosion des maladies allergiques chez les enfants en Algérie
En Algérie comme à l’international, les indicateurs épidémiologiques sont au rouge. Le ministre de la Santé a tiré la sonnette d’alarme sur l’augmentation notable des cas de rhinite allergique, d’allergies alimentaires et d’asthme, qui touchent particulièrement les enfants. De plus, la recrudescence des maladies auto-immunes impose aujourd’hui de lourds défis en matière de diagnostic précoce et de protocoles thérapeutiques.
Face à cette urgence sanitaire, la coopération transfrontalière n’est plus une option. « L’Afrique et l’Europe sont confrontées à des enjeux sanitaires communs. Notre coopération est une nécessité scientifique et stratégique permettant le partage des connaissances et le renforcement des capacités de traitement », a affirmé le Pr Aït Messaouden.
Formation et recherche : Les grandes annonces du ministère de la Santé
Pour répondre à la pénurie de spécialistes et élever le niveau des prestations de soins en Algérie, l’État déploie une nouvelle feuille de route académique et scientifique s’articulant autour de trois axes majeurs :
• Création du CES en Allergologie : Lancement immédiat d’un Certificat d’études spécialisées pour renforcer les compétences des praticiens sur le terrain.
• Nouveau DEMS dès la rentrée 2026-2027 : En coordination avec le ministère de l’Enseignement supérieur, un Diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS) en allergologie sera officiellement ouvert pour former la future génération de spécialistes algériens.
• Modernisation des CHU : Un plan de renforcement des laboratoires de recherche spécialisés au sein des Centres Hospitalo-Universitaires et des pôles d’excellence est en cours pour stimuler l’innovation et optimiser le dépistage.
Innovation médicale : Biothérapies et accès équitable aux soins
Le congrès d’Alger se penche sur les ruptures technologiques qui transforment l’immunologie moderne. Les participants débattront des avancées majeures de l’immunothérapie allergénique, des thérapies biologiques ciblées (biothérapies) et de la génomique appliquée aux maladies inflammatoires.
Le défi de l’accès aux traitements innovants
L’un des messages forts du ministre a concerné l’équité thérapeutique. Si la science progresse, l’accès aux molécules innovantes reste un combat pour de nombreux pays du Sud. L’Algérie plaide pour une mobilisation collective visant à garantir à chaque patient le bénéfice des innovations médicales.
Le ministre a insisté sur un point central : garantir à tous les patients africains l’accès aux progrès scientifiques et technologiques de l’allergologie et de l’immunologie clinique reste un défi majeur, nécessitant une mobilisation collective des sociétés scientifiques et des institutions de santé.
En connectant les centres de référence africains et européens, l’Algérie ambitionne de bâtir un réseau scientifique durable, capable de transformer la recherche clinique et d’offrir, à terme, une meilleure qualité de vie aux millions de patients souffrant d’allergies.
