Grâce à une pluviométrie exceptionnelle et un soutien étatique sans précédent, l’Algérie s’apprête à enregistrer des niveaux de production inédits de blé dur et d’orge pour la campagne moisson-battage 2026.
Détails d’une saison agricole d’exception qui marque un tournant vers la souveraineté alimentaire.
Une récolte 2026 sous le signe de l’abondance
L’année 2026 restera gravée dans les annales de l’agriculture algérienne. Les prévisions officielles annoncent la plus forte production de blé dur et d’orge enregistrée depuis l’indépendance.
Les chiffres traduisent cette performance remarquable :
- Blé dur : La récolte dépassera le seuil des 24 millions de quintaux, garantissant l’autosuffisance nationale et dégageant un surplus de production.
- Orge : La production franchira la barre des 9 millions de quintaux, couvrant l’ensemble des besoins du pays tout en générant un excédent.
Intervenant dans une déclaration accordée au journal El Chourouk, Ghani Benali, président du Conseil national interprofessionnel de la filière céréales (CCIFC), a confirmé le caractère exceptionnel de cette campagne. Selon lui, cette réussite est le fruit de précipitations généreuses, du travail acharné des agriculteurs et d’une mobilisation générale de l’État.
« Les résultats enregistrés cette saison sont exceptionnels. La synergie entre la météo favorable et les moyens déployés nous permet d’atteindre des sommets inédits. » — Ghani Benali, Président du CCIFC
Une mobilisation étatique au service des agriculteurs
Derrière ces chiffres records se trouve une stratégie nationale rigoureusement exécutée. Sous les directives directes et le suivi personnel du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’ensemble de l’appareil gouvernemental s’est mobilisé pour accompagner les producteurs.
Une chaîne logistique renforcée
La récolte se déroule dans des conditions optimales grâce à une synergie inédite entre les différents acteurs :
- Coordination institutionnelle : Implication forte du ministère de l’Intérieur, des walis, des commissions de wilaya et du ministère de l’Agriculture.
- Support technique : Rôle central de l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC) et des Coopératives de Céréales et Légumes Secs (CCLS).
- Innovation et mécanisation : Contribution de la startup Agrodrive, qui a renforcé le parc national en faisant l’acquisition de moissonneuses-batteuses de dernière génération.
Pour absorber ce flux massif, des structures de stockage de proximité ont été aménagées à travers l’ensemble des wilayas, y compris dans le Grand Sud. Malgré quelques contraintes logistiques liées au transport des engins vers le Sud et à la disponibilité de pièces de rechange, l’opération touche à sa fin sans impact majeur sur les volumes globaux.
Réhabilitation des terres et défis futurs
Cette campagne d’exception a également été marquée par le retour en force des régions historiquement céréalières. Les wilayas de l’Ouest, les Hauts Plateaux et la région du Centre ont retrouvé des niveaux de rendement très élevés, mettant fin à cinq années consécutives de sécheresse.
[ Pluviométrie généreuse ]
+
[ Soutien étatique direct ] ===> RÉCOLTE RECORD 2026
+ (Blé dur > 24M Q / Orge > 9M Q)
[ Mobilisation des acteurs ]
Blé dur vs Blé tendre : Un enjeu de santé publique et d’économie
Si la qualité des récoltes de blé dur et d’orge est jugée excellente, l’Algérie continue de faire face à une forte demande en blé tendre (entre 50 et 70 millions de quintaux consommés par an).
Bien que le pays ait commencé à produire ses propres semences de blé tendre localement, l’autosuffisance pour cette variété reste un objectif à atteindre. À ce sujet, le président du CCIFC préconise une évolution des habitudes alimentaires : orienter davantage la consommation vers le blé dur, reconnu comme plus bénéfique pour la santé, afin de réduire à terme la facture d’importation et d’améliorer la santé publique.
Garantir la durabilité du modèle agricole
Face à l’engorgement constaté dans certains entrepôts en raison de la surproduction, les acteurs du secteur appellent à poursuivre l’effort d’accompagnement.
Le Conseil interprofessionnel insiste sur trois axes prioritaires pour pérenniser cette dynamique :
- Élargir l’assurance agricole pour prémunir les céréaliers contre les aléas climatiques.
- Impliquer davantage les conseils professionnels dans les prises de décisions stratégiques.
- Poursuivre la modernisation des capacités de stockage et de transport.
Enfin, la saison 2026 démontre qu’avec une gestion proactive et des conditions climatiques favorables, l’Algérie dispose de tous les atouts pour consolider durablement sa souveraineté alimentaire.
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