La France a franchi un cap diplomatique majeur en interdisant d’entrée sur son territoire le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Ainsi, cette décision, intervient quelques jours après la diffusion par ce dernier d’une vidéo montrant des passagers de la flottille pour Ghaza — dont des ressortissants français — agenouillés et mains liées.
Barrot annonce la mesure d’exclusion sur X
En effet, c’est via le réseau social X que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a rendu publique la décision, ce samedi 23 mai. Sans ambiguïté, il a déclaré que l’interdiction de territoire visait directement Ben Gvir en réponse à ses « agissements inqualifiables » envers des citoyens français et européens se trouvant à bord du navire Global Smud, intercepté par les forces israéliennes.
La France ne s’arrête pas à une mesure nationale. Jean-Noël Barrot a explicitement demandé à l’Union européenne d’emboîter le pas en prononçant des sanctions à l’encontre du ministre israélien, ouvrant la voie à une possible réponse coordonnée des Vingt-Sept.
Des accusations graves : menace, intimidation, brutalisation
Dans sa déclaration, Barrot a employé des termes forts : menace, intimidation, brutalisation. Le chef de la diplomatie française a souligné qu’aucun responsable public ne saurait agir de la sorte envers des ressortissants français, quelle que soit sa fonction. Il a également noté que ces comportements ont été condamnés par de nombreux responsables israéliens eux-mêmes, gouvernementaux comme politiques.
Pour Paris, la vidéo de la flottille n’est pas un incident isolé. Barrot l’a replacée dans « une longue liste de déclarations et d’actions choquantes », incluant des incitations à la haine et à la violence contre les Palestiniens. Ben Gvir, figure de l’extrême droite israélienne au sein du gouvernement Netanyahu, cumule depuis des années les sorties polémiques sur la scène internationale.
L’interdiction de territoire d’un ministre en exercice d’un État partenaire constitue un acte diplomatique exceptionnel, rarement utilisé par Paris. Elle reflète la dégradation des relations entre la France et une partie du gouvernement israélien, dans un contexte de pression croissante sur Tel-Aviv depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023.
