Face aux risques d’intoxication estivale, le ministère du Commerce intérieur renforce le contrôle sanitaire sur les étals à travers tout le territoire national.
Ainsi, à Alger, Constantine, Tizi-Ouzou El Menéa, ou Bouira, à titre d’exemple, les directions locales du Commerce, ont été destinataires d’une circulaire ministérielle portant l’interdiction formelle de la vente de pastèque découpée et exposée à l’air libre.
Les contrôleurs à l’affût !
En effet, la mesure engagée par la Direction du commerce de la wilaya de Bouira, s’inscrit dans le cadre des orientations nationales du ministère du Commerce intérieur visant à assainir les pratiques commerciales estivales et à protéger le consommateur algérien des risques d’intoxication alimentaire. Chaque année, avec le retour des fortes chaleurs, les services de contrôle enregistrent une hausse des incidents liés à la consommation de produits alimentaires mal conservés, exposés plusieurs heures à la chaleur sans réfrigération.
Dans ce contexte, la Direction du commerce de Bouira, a publié un communiqué officiel notifiant aux détaillants de fruits et légumes qu’il est désormais « strictement interdit de procéder à la découpe de la pastèque lors de son exposition à la vente ». La mesure est motivée par la vulnérabilité de ce fruit à la fermentation et à la prolifération bactérienne sous l’effet combiné de l’exposition à l’air libre et des températures élevées, deux facteurs particulièrement critiques en période estivale.
Un nid à bactéries
La pratique est répandue à travers le territoire national, des pastèques coupées en deux ou en quartiers, recouvertes d’un simple film plastique, exposées plusieurs heures sur les étals sans le moindre dispositif de réfrigération.
Pour les commerçants, l’argument économique est réel — la découpe permet aux ménages à budget limité d’acheter une portion adaptée à leurs moyens. Mais derrière cette réalité sociale se cache un danger sanitaire sous-estimé : une pastèque entamée peut devenir un foyer bactérien en quelques heures sous 35 à 40 degrés, particulièrement exposée aux contaminations croisées, aux insectes et à la poussière des marchés.
La sensibilisation avant la répression
Selon le département de Mme Amel Abdellatif, la démarche est progressive et méthodique. Une première phase de sensibilisation et d’information auprès des professionnels est en cours. Elle sera suivie d’opérations de contrôle terrain, puis, en cas de manquements persistants, de sanctions administratives et pénales à l’encontre des contrevenants. Ce schéma en trois temps — information, contrôle, répression — est le modèle désormais appliqué par les directions du commerce à l’échelle nationale pour toutes les mesures d’hygiène alimentaire estivales.
cette interdiction s’exposent aux dispositions de la loi 09-03 relative à la protection du consommateur et à la répression de la fraude, qui prévoit des amendes pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de dinars, voire la fermeture administrative du point de vente en cas de récidive.
