La wilaya de Tizi-Ouzou a enregistré lors de la campagne oléicole 2025/2026 une production historique de plus de 12 millions de litres d’huile d’olive, soit plus du double de la saison précédente.
Ainsi, lancée début novembre sur l’ensemble du territoire de la wilaya, la campagne oléicole 2025/2026 à Tizi-Ouzou s’est clôturée fin mars. Les fortes pluies de janvier et février ont quelque peu retardé la cueillette, sans pour autant compromettre l’abondance de la récolte.
Des chiffres éloquents
En effet, face à une production sans précédent, de nombreux oléiculteurs ont eu recours à la « touiza », cette pratique ancestrale de solidarité villageoise, pour mener à bien la collecte des olives dans les localités les plus reculées de la wilaya. Présenté lors de la Fête de l’Olivier organisée à la Maison de la Culture Mouloud Mammeri, le bilan officiel de la Direction des services agricoles (DSA) est éloquent :
- 12 millions de litres d’huile d’olive produits
- 770 000 quintaux d’olives récoltés
- 38 000 hectares de superficie exploitée (dont 6 000 ha non encore en production)
- 337 huileries mobilisées, traditionnelles et modernes
- Rendement moyen : 16,5 litres/quintal (contre ~25 l/quintal la saison précédente)
Si la production 2025/2026 dépasse largement les 5,5 millions de litres de la saison 2024/2025, le rendement à l’extraction reste inférieur, en raison d’une sécheresse prolongée durant la phase de maturation des olives, selon les responsables de la DSA.
La mévente : Le revers d’une récolte abondante
Derrière ces chiffres records, les oléiculteurs de Tizi-Ouzou tirent la sonnette d’alarme face à la mévente de l’huile d’olive. Une fois les huileries fermées, l’écoulement de la production devient un véritable parcours du combattant.
Les producteurs réclament la mise en place de coopératives spécialisées ou d’un organisme étatique de rachat de l’huile d’olive, à l’image de ce qui existe pour les dattes et les céréales. « Si la situation ne change pas, la filière risque de ne plus attirer de nouveaux oléiculteurs », alertent plusieurs exposants rencontrés lors de la Fête de l’Olivier.
Une filière en manque de structuration
Les oléiculteurs soulignent également l’impact dévastateur des feux de forêt sur les oliveraies ces dernières années, et saluent les aides des services agricoles et forestiers qui mettent gratuitement de jeunes plants d’oliviers à leur disposition. Ils appellent à une organisation structurelle de la filière oléicole comparable aux autres secteurs agricoles, avec des circuits de commercialisation permanents, au-delà des simples événements ponctuels.
Malgré une récolte historique, le prix du litre d’huile d’olive oscille entre 900 DA et 1 200 DA selon les régions de la wilaya — un prix qui reflète les tensions entre une offre abondante et une demande locale non structurée.
