Les portes s’ouvrent, les premiers visiteurs affluent et les allées se remplissent rapidement. Sous les lumières du palais d’exposition, étudiants, entrepreneurs, familles et délégations étrangères se croisent dans une même effervescence.
Ce samedi 27 juin 2026, dernier jour de la 57e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA 2026), l’ambiance est à la fois studieuse, conviviale et résolument tournée vers l’avenir.
Ainsi, plus qu’une simple exposition, la FIA s’impose une nouvelle fois comme un espace où se rencontrent innovation, patrimoine, opportunités d’affaires et échanges humains. Reportage au coeur d’une Foire pas comme les autres…
Une immersion dès les premiers pas
Dès l’entrée, le regard est immédiatement attiré par l’élégance du nouveau pavillon Palestine. Son architecture contemporaine, ses espaces lumineux et ses larges allées offrent un cadre moderne qui tranche avec les infrastructures plus anciennes. À l’intérieur, les exposants rivalisent de créativité pour séduire les visiteurs. Jeux de lumière, écrans géants, structures en bois, métal ou verre, compositions florales et palettes de couleurs soigneusement harmonisées donnent à chaque stand une identité propre.
Certains espaces misent sur des tons sobres et élégants, tandis que d’autres attirent l’attention avec des couleurs vives et des animations numériques. Beaucoup de visiteurs s’arrêtent pour immortaliser les stands les plus remarquables, séduits autant par leur esthétique que par les innovations qu’ils présentent.
Une effervescence qui ne faiblit pas
Tout au long de cette dernière journée, les allées restent animées. Les discussions se succèdent, les cartes de visite passent de main en main et les poignées de main se multiplient.
Ici, un étudiant dépose son CV auprès d’une entreprise. Plus loin, deux dirigeants échangent sur un éventuel partenariat. Quelques mètres plus loin, de jeunes diplômés interrogent les recruteurs sur les opportunités d’emploi. « Je viens chercher un stage, mais surtout créer des contacts. Ici, nous pouvons rencontrer directement les entreprises », confie un jeune diplômé.
Pour beaucoup de visiteurs, la FIA constitue bien plus qu’un salon d’exposition : elle représente un véritable lieu de rencontres où se dessinent de futures collaborations entre entreprises algériennes et étrangères.
Des exposants étrangers conquis
Dans les pavillons internationaux, le constat est unanime. Plusieurs exposants saluent la qualité de l’organisation ainsi que les nouvelles infrastructures mises à leur disposition.
L’invité d’honneur de cette édition ( Espagne, NDLR) s’est félicité de la qualité de l’exposition, mettant en avant les échanges économiques, les perspectives de partenariats, mais également les échanges culturels et humains qui ont marqué sa participation. Plusieurs représentants se sont dits agréablement surpris par l’intérêt manifesté par les jeunes Algériens pour la langue espagnol.

Au stand tunisien, le message est sans équivoque : « Nous ne sommes pas des sociétés étrangères, nous sommes chez nous », affirme un exposant, soulignant les liens historiques et économiques qui unissent les deux pays.
Le Sultant d’Oman, invité d’honneur de l’édition précédente, a lui aussi répondu présent avec plusieurs entreprises revenues pour une seconde participation. « L’Algérie est un marché à fort potentiel. Nous voyons ici de nombreuses opportunités de commerce, de partenariats et, pourquoi pas, d’investissements dans un futur proche », explique un représentant.
D’une manière générale, plusieurs délégations étrangères ont salué la qualité des échanges avec les visiteurs. « Le peuple algérien est instruit, accueillant et hospitalier. Nous nous sentons ici comme dans notre propre pays », confie un exposant.
Des visiteurs satisfaits… mais quelques couacs
Du côté des visiteurs, l’accès au salon est jugé fluide et bien organisé. Étudiants, familles et professionnels apprécient la facilité de circulation entre les pavillons.
Cependant, certains professionnels regrettent un manque d’interlocuteurs qualifiés sur plusieurs stands. « Nous faisons le déplacement pour développer des relations d’affaires, pas seulement pour récupérer une brochure », explique un chef d’entreprise. Un autre visiteur raconte avoir parcouru plusieurs pavillons sans parvenir à rencontrer un responsable capable de répondre à ses questions techniques. « C’est vraiment dommage de se déplacer pour finalement ne trouver personne à qui s’adresser pour parler purement business », déplore-t-il.
Selon plusieurs professionnels, la présence de responsables décisionnaires sur les stands permettrait de transformer davantage de prises de contact en véritables partenariats.
Quand le stand du MDN sucite des vocations…
Au-delà des rencontres professionnelles, la FIA a également réservé une place importante aux familles. Dans plusieurs chapiteaux, les enfants profitaient d’espaces de jeux et d’animations, tandis que d’autres découvraient les différents pavillons avec leurs parents.
Plus tard, je veux devenir pilote militaire !
Les espaces des filiales du ministère de la Défense nationale figuraient parmi les plus fréquentés. Petits et grands s’y arrêtaient pour découvrir les équipements exposés, prendre des photos et échanger avec les militaires présents.

Au milieu de cette animation, un jeune garçon, fasciné par les équipements exposés, observait attentivement chaque détail. « Plus tard, je veux devenir pilote militaire », lance-t-il avec enthousiasme avant de poser plusieurs questions aux représentants présents. Une scène qui illustre parfaitement la curiosité des plus jeunes et l’inspiration que peut susciter un tel événement.
L’innovation côtoie le patrimoine
À quelques mètres des grandes entreprises, les start-up présentaient leurs solutions innovantes, profitant de la visibilité offerte par la FIA pour faire connaître leurs projets, rencontrer de futurs partenaires et convaincre d’éventuels investisseurs. Leur présence témoigne du dynamisme croissant de l’écosystème entrepreneurial algérien. À l’opposé de l’univers des nouvelles technologies, le stand de l’artisanat offrait une ambiance plus chaleureuse, où traditions et savoir-faire étaient à l’honneur.
Les visiteurs y flânaient avec curiosité, prenant le temps d’admirer des bijoux traditionnels finement ciselés, des tapis tissés aux motifs typiques de différentes régions, des objets de décoration en cuivre martelé et en argile, des poteries, ainsi que de somptueux vêtements traditionnels richement brodés.
Les artisans, venus de plusieurs wilayas du pays, échangeaient volontiers avec les visiteurs, expliquant leurs techniques de fabrication et l’histoire de leurs créations. Certains visiteurs repartaient avec une pièce artisanale, d’autres immortalisaient simplement ces œuvres, conscients de découvrir une partie du patrimoine culturel algérien. « Chaque objet raconte une histoire et reflète l’identité de sa région », confie une artisane de la wilaya d’Adrar avec fierté.
Cette rencontre entre innovation, industrie et artisanat rappelle que la Foire internationale d’Alger est également un espace de valorisation du patrimoine national, où tradition et modernité cohabitent harmonieusement.
Une édition qui confirme sa vocation
Au moment où les derniers visiteurs quittaient les pavillons et que les exposants commençaient à démonter leurs stands, un constat s’imposait : la 57e édition de la Foire internationale d’Alger aura confirmé son statut de rendez-vous économique incontournable.
Pendant plusieurs jours, elle aura réuni entreprises, investisseurs, étudiants, artisans, start-up, familles et délégations étrangères autour d’un même objectif : créer des liens, saisir des opportunités et mettre en valeur le potentiel économique et culturel de l’Algérie. Une édition qui laisse entrevoir de nouvelles perspectives de coopération et de développement pour les années à venir.
