Alors que le troisième trimestre scolaire s’est ouvert ce dimanche 5 avril 2026 sur une période particulièrement courte — à peine un mois de cours effectifs avant les premières échéances d’examens —, le ministère de l’Éducation nationale intervient pour encadrer strictement le recours aux conseils de discipline, jugé de plus en plus abusif à l’échelle nationale.
Ainsi à l’heure où le troisième trimestre débute dans un contexte d’urgence pour les élèves algériens, les examens blancs sont prévus pour rappel dès le 3 mai 2026, suivis des compositions de fin d’année pour tous les niveaux entre le 10 et le 14 mai. Les examens officiels suivront dans la foulée : BEM : du 19 au 21 mai 2026
Bac : du 9 au 11 juin 2026.
Absentéisme : les avertissements du ministre restent sans effet
En effet, face à ce calendrier serré, de nombreux élèves de terminale choisissent de sécher les cours pour se consacrer à des révisions en groupe ou à des cours de soutien particuliers, dont le coût représente souvent une charge financière lourde pour les familles.
Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâoudi, avait récemment instruit les chefs d’établissement de lutter contre le phénomène de l’absentéisme en classe terminale. Mais force est de constater que les élèves concernés restent peu sensibles aux avertissements liés à leurs absences répétées, et que les autres sanctions disciplinaires ne semblent guère les dissuader.
Devant cette situation qui pénalise les élèves assidus, certains directeurs ont multiplié le recours aux conseils de discipline. C’est précisément cet usage jugé excessif qui a conduit le ministère à intervenir.
Le ministère rappelle les règles encadrant les conseils de discipline
Ayant été informé de dérives dans plusieurs établissements — notamment des situations où l’élève mis en cause n’a pas la possibilité de se défendre —, le ministère de l’Éducation a adressé une note de recadrage aux chefs d’établissement via les directions de l’éducation de wilayas.
Ce document rappelle que le recours au conseil de discipline obéit à des conditions précises et que de nombreux cas auraient pu être résolus par une simple médiation entre parents et enseignants. La note pointe notamment : des dossiers incomplets transmis aux conseils, un manque de preuves étayant les faits reprochés et des situations où ni les parents ni l’élève n’ont été préalablement informés. En outre, il est utile de rappeler qu’un élève convoqué devant un conseil de discipline a le droit d’être assisté par un camarade jouant le rôle de défenseur.
Privilégier le dialogue avant la sanction
Le ministre de l’Éducation nationale plaide pour une approche pédagogique et humaine : le dialogue, la médiation et l’intelligence doivent être privilégiés avant tout passage à la sanction disciplinaire. Il est significatif de constater que les conseils de discipline, qui constituaient des exceptions rares dans les années 1970 et 1980, sont devenus aujourd’hui quasi-systématiques dans de nombreux établissements.
Désormais, selon des sources proches du dossier, la tenue d’un conseil de discipline devra être obligatoirement précédée d’une rencontre entre toutes les parties concernées. Les parents devront être informés en amont, le conseil de discipline ne devant rester qu’une voie de dernier recours.
