La wilaya de Béjaïa fait de nouveau face à la fureur des éléments. Depuis plusieurs heures, un gigantesque incendie ravage la commune d’Ouzellaguen, plongeant la région dans un véritable scénario de désolation.
Alors que la Protection civile déploie des moyens colossaux, le bilan provisoire fait état de lourds dégâts matériels, environnementaux, et de plusieurs villages encerclés par un brasier attisé par des vents violents. Voici un point complet sur la situation critique qui prévaut sur place.
L’enfer aux portes d’Ouzellaguen : 10 villages encerclés
Attisées par des rafales de vent continues, les flammes ont progressé à une vitesse fulgurante dans cette région verdoyante, montagneuse et boisée. En l’espace de quelques heures seulement, le feu a assiégé pas moins de 10 villages de la municipalité d’Ouzellaguen, piégeant les habitants dans une atmosphère irrespirable :
- Bouaissi
- Didoune
- Habane
- Izemourène
- Tigrine
- Azrou
- Alloune (Chréa)
- Sidi-Younès
- Aghbane
- Bourenane
Urgence absolue : Devant l’extrême danger de la situation, la Protection civile a lancé un appel pressant à l’évacuation immédiate des habitations menacées par les flammes.
Un bilan environnemental et matériel déjà très lourd
Le feu a réduit en cendres un patrimoine écologique inestimable. Plus de 50 hectares de végétation ont été dévorés par le brasier, incluant des oliviers centenaires, des chênes verts et des oléastres.
Outre le désastre écologique, les infrastructures de base ont subi de plein fouet l’impact des flammes :
- Réseau électrique endommagé : Trois pylônes en bois et neuf portées ont été détruits, touchant directement plusieurs postes électriques. Bien que le courant ait été partiellement rétabli hier matin, la situation demeure instable.
- Pénurie d’eau potable : Les réseaux d’Alimentation en Eau Potable (AEP) ont été carbonisés, privant des dizaines de foyers de cette ressource vitale.
- Pertes agricoles et immobilières : Une maison en construction et un poulailler ont été intégralement détruits. Une autre habitation, un second poulailler ainsi qu’une vingtaine de ruches ont été partiellement touchés.
Résistance des habitants et consignes de sécurité
Dans ces zones montagneuses fortement rattachées à leurs terres, certains résidents hésitent ou refusent de quitter leurs domiciles. Face à ce constat alarmant, la Protection civile réitère ses consignes de sécurité et exhorte la population à coopérer.
Les autorités locales demandent de faciliter le transfert des personnes les plus vulnérables — à savoir les enfants, les personnes âgées et les malades chroniques — vers des structures sécurisées telles que les écoles et les polycliniques de la région.
Un élan de solidarité indispensable pour soutenir Aït R’zine
Face à ce drame, l’entraide citoyenne s’organise rapidement. M. Salhi Mouloud, président de l’Assemblée populaire communale (APC) d’Akbou, a lancé un appel vibrant à la solidarité.
Il demande à tous les propriétaires de camions-citernes de se mobiliser en urgence pour prêter main-forte à la commune voisine d’Aït R’zine (Ifri Ouzellaguen), elle aussi durement éprouvée par les incendies. Dans cette course contre la montre, la mobilisation générale reste le seul rempart pour préserver les vies humaines, les biens et ce qu’il reste du patrimoine forestier de la Kabylie.
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