La fermeture du détroit d’Ormuz a redistribué les cartes de l’approvisionnement énergétique mondial — et l’Algérie en sort gagnante.
Ainsi, en avril 2026, les exportations algériennes de brut et de produits pétroliers vers l’Espagne ont bondi de 106 % en un mois, passant de 56 000 à 116 000 barils par jour, selon les données de l’Unité de recherche sur l’énergie de Washington.
Madrid se tourne massivement vers Alger
En effet, alors que les approvisionnements en provenance du Golfe persique ont été brutalement perturbés par la fermeture du détroit d’Ormuz, Madrid a rapidement réorienté ses achats vers un fournisseur fiable et géographiquement proche : l’Algérie.
Avec 116 000 barils par jour absorbés en avril, l’Espagne consolide sa position de partenaire stratégique, représentant désormais 13 % du total des exportations pétrolières algériennes sur ce mois. Une relation énergétique qui ne date pas d’hier : sur l’ensemble de l’année 2025, la moyenne des exportations algériennes vers l’Espagne s’établissait déjà à 99 000 barils par jour.
Une trajectoire en dents de scie sur 2026
Les quatre premiers mois de 2026 révèlent une volatilité marquée des flux :
• Janvier : 48 000 barils/jour
• Février : 90 000 barils/jour
• Mars : 56 000 barils/jour
• Avril : 116 000 barils/jour
La moyenne sur la période atteint 78 000 barils par jour — en retrait par rapport aux 99 000 enregistrés sur la même période en 2025, mais le pic d’avril laisse entrevoir un rattrapage possible si les tensions géopolitiques au Golfe persistent.
L’Algérie s’impose sur les marchés européen et asiatique
Au-delà de l’Espagne, les exportations pétrolières algériennes ont progressé de 27 % en avril 2026 sur base mensuelle, atteignant une hausse globale de près de 194 000 barils par jour. Le classement des principales destinations reflète la diversification réussie des débouchés algériens :
• France : 138 000 barils/jour (+225 % mensuel)
• Corée du Sud : 132 000 barils/jour
• Espagne : 116 000 barils/jour
• États-Unis : 102 000 barils/jour (+41 %)
• Italie : 55 000 barils/jour (+676 %)
La France s’impose en tête avec une hausse spectaculaire, tandis que l’Italie enregistre le bond le plus remarquable en pourcentage. L’Algérie confirme ainsi son rôle de fournisseur pivot pour une Europe en quête de sécurité énergétique.
Un signal géopolitique fort pour Sonatrach
Dans un contexte de recomposition accélérée des chaînes d’approvisionnement mondiales, l’Algérie démontre sa capacité à combler rapidement les vides laissés par les crises du Moyen-Orient. La question qui se pose désormais : Alger saura-t-elle transformer cet avantage conjoncturel en partenariats énergétiques durables avec ses clients européens ?
