Le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs a ordonnée la dissolution du CNAPESTE, l’un des principaux syndicats autonomes de l’éducation en Algérie.
Une décision vivement fustigée par le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), qui y voit une attaque directe contre les libertés fondamentales.
Un nouveau coup dur pour le syndicalisme autonome
La justice algérienne a tranché. Le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs a rendu un verdict ordonnant la dissolution officielle du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur tri-parti de l’éducation (CNAPESTE).
Pour le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), cette condamnation marque un franchissement de cap inquiétant dans la restriction des libertés publiques. Dans un communiqué rendu public ce mardi 28 juillet 2026, le parti d’opposition condamne « avec la plus grande vigueur » ce qu’il qualifie de dérive autoritaire visant à éliminer toute forme d’expression indépendante au sein de la société civile.
« Après les partis empêchés, les associations dissoutes, les médias bâillonnés et les militants emprisonnés, c’est désormais le syndicalisme autonome qui est frappé de plein fouet », alerte l’organisation politique.
Une justice « instrumentalisée » face à la crise sociale
Selon le RCD, la liquidation du CNAPESTE traduit l’incapacité du pouvoir politique à répondre aux revendications socio-économiques des citoyens. Entre la dégradation des conditions de travail des enseignants, la baisse continue du pouvoir d’achat et la crise du système éducatif, le parti estime que la réponse judiciaire remplace le dialogue social indispensable.
Pour le parti démocrate :
- La répression ne règle rien : Fermer des sièges syndicaux ou interdire des activités ne fera pas disparaître le malaise des travailleurs ni les difficultés du secteur éducatif.
- L’instrumentalisation de la justice : Les tribunaux seraient devenus un outil politique pour écarter les contre-pouvoirs légitimes.
Appel à la création d’un front de défense des libertés
Considérant que les libertés syndicales, politiques et associatives forment le socle indissociable de toute démocratie, le RCD met en garde contre l’effet d’entraînement d’une telle jurisprudence.
« Aujourd’hui un syndicat, demain une association, un parti ou un média. Le silence face à cette décision ouvrirait la voie à de nouvelles atteintes. »
Exprimant sa solidarité totale avec les militants du CNAPESTE et l’ensemble des syndicats autonomes, le parti appelle l’ensemble des forces démocratiques, des organisations citoyennes et des acteurs de la société civile à former un large front de défense des droits fondamentaux pour stopper l’isolement politique et institutionnel du pays.
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