C’est un véritable coup de tonnerre qui vient de secouer le paysage syndical et social algérien.
Le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs (Alger) a rendu son verdict en prononçant la dissolution pure et simple du CNAPESTE (Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur tridimensionnel de l’éducation).
Assortie de la clause redoutable de l’exécution provisoire, cette décision de justice frappe d’interdiction immédiate le poids lourd du syndicalisme enseignant, étouffant toute possibilité de répit, y compris en cas d’appel ou de pourvoi en cassation.
Un couperet judiciaire d’une sévérité inédite
Après des mois d’un bras de fer judiciaire sous haute tension et une série de reports tactiques depuis le dépôt de la plainte en mars 2026, la justice a tranché en faveur de l’Exécutif.
Le verdict est sans appel : le CNAPEST est rayé de la carte syndicale.
En imposant l’exécution immédiate, le tribunal verrouille totalement la situation administrative du syndicat. Concrètement, même si la défense engage des recours en appel, l’organisation demeure dissoute et privée de tout droit d’exercice sur le terrain.
À retenir : L’exécution provisoire prive le CNAPEST de ses moyens d’action immédiatement. Une mesure drastique qui marque un tournant historique dans la gestion du dialogue social en Algérie.
Offensive ministérielle : Les dessous de l’affrontement
À l’origine de ce séisme, une requête conjointe et offensive :
- Les plaignants : Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, soutenu fermement par le ministère de l’Éducation nationale.
- L’offensive : Une action en justice engagée le 9 mars 2026 visant l’éradication juridique de la centrale syndicale.
Les deux griefs retenus par la justice :
- La non-conformité réglementaire : Le non-respect présumé des exigences de la très controversée loi 23-02 régissant l’exercice du droit syndical.
- La perte de représentativité : L’incapacité supposée du syndicat à prouver son assise conformément aux nouveaux barèmes imposés par la tutelle.
Contre-attaque du CNAPEST : « Un abus administratif pour nous neutraliser »
Face à ce qu’il qualifie de liquidation politique et syndicale, le CNAPEST n’a cessé de crier à l’injustice. Dans une série de communiqués vitrioliques, la direction du syndicat a dénoncé des prétextes fallacieux.
- Sur la procédure : Le CNAPEST affirme avoir soumis l’intégralité des documents requis dans les délais impartis.
- Sur la représentativité : L’organisation pointe du doigt le flou juridique du ministère, rappelant que les mécanismes d’évaluation de la représentativité n’ont jamais été arrêtés de manière contradictoire.
Pour les dirigeants du syndicat, cette bataille judiciaire ne visait qu’un seul objectif : neutraliser définitivement une voix indépendante et déranger le statut quo dans un secteur scolaire rongé par les tensions locales et ce qu’ils qualifient d’« abus administratifs » répétés dans les wilayas.
Tension politique maximale : L’opposition au rendez-vous
L’affaire a très rapidement débordé des salles de classe pour investir le terrain politique. Lors de l’audience cruciale du 28 avril 2026, la présence massive de figures de proue de l’opposition dans la salle d’audience avait donné la mesure de l’enjeu.
Des personnalités de premier plan comme Louisa Hanoune (Secrétaire générale du Parti des Travailleurs) ou Atmane Mazouz (Président du RCD) s’étaient déplacées en personne pour apporter leur soutien au CNAPEST.
Cette décision signe-t-elle la fin définitive du syndicalisme autonome dans l’éducation en Algérie ? Une chose est sûre : le séisme ne fait que commencer et les répercussions sur la rentrée sociale risquent d’être majeures.
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