Avec des réserves géologiques estimées à plus de 3 milliards de tonnes, l’Algérie est en passe de devenir un acteur incontournable du marché mondial des engrais.
Ainsi, ce jeudi 18 juin 2026, une réunion ministérielle cruciale a permis de valider les avancées du Projet Intégré de Phosphate (PIP), un chantier stratégique qui propulsera le pays au rang de hub industriel d’ici début 2027.
Un trésor géologique de 3 milliards de tonnes de phosphate
L’Algérie accélère la diversification de son économie et mise sur son sous-sol exceptionnel. Le bassin phosphatier oriental algérien recèle des richesses vertigineuses : plus de 3 milliards de tonnes de ressources géologiques.
Au cœur de cette stratégie nationale, la mine de Bled El Hadba (wilaya de Tébessa) affiche à elle seule 841 millions de tonnes de réserves exploitables. Ce pôle minier constitue le premier maillon d’une chaîne de valeur colossale.
Les installations d’enrichissement sur place permettront de traiter près de 10 millions de tonnes de phosphate brut par an, pour générer 6 millions de tonnes de phosphate enrichi prêt à la transformation ou à l’exportation. À titre indicatif, les réserves de phosphate de l’Algérie figurent parmi les plus importantes au monde, positionnant le pays comme un garant de la sécurité alimentaire globale grâce à la production d’engrais.
Oued El Kebrit : la future «Silicon Valley» de la transformation chimique
Le phosphate brut algérien ne sera pas uniquement exporté ; il sera transformé localement pour maximiser la valeur ajoutée. C’est tout l’enjeu du pôle industriel d’Oued El Kebrit (wilaya de Souk Ahras). Ce complexe pétrochimique de pointe ambitionne de produire 4 millions de tonnes par an d’engrais de nouvelle génération (DAP, MAP, NPK) ainsi que de l’urée (engrais azotés). Le site fabriquera également des composants intermédiaires stratégiques essentiels pour l’industrie mondiale :
• De l’acide sulfurique
• De l’acide phosphorique
• De l’ammoniac
Une logistique XXL : 422 km de voie ferrée et un port d’Annaba modernisé
Pour soutenir ce géant industriel, l’Algérie déploie des infrastructures de transport XXL. La ligne ferroviaire minière de l’Est, un corridor de 422 kilomètres reliant Annaba, Souk Ahras, Tébessa et Bled El Hadba, entre dans sa phase finale. Les travaux de pose des voies et la construction des tunnels et ponts avancent à un rythme soutenu après la levée des dernières contraintes techniques de raccordement en énergie (gaz et électricité).
En bout de chaîne, le port d’Annaba fait l’objet d’une extension majeure. Le futur quai minéralier est en plein aménagement (dragage, remblais) pour accueillir les navires de haute mer et expédier le phosphate algérien aux quatre coins du globe.
Premières exportations fixées au premier trimestre 2027
Sous la co-présidence de M. Mohamed Arkab (ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables), de M. Abdelkader Djellaoui (Travaux publics) et de M. Mourad Hanifi (Mines et Industrie minière), l’exécutif a réaffirmé sa feuille de route. En stricte conformité avec les orientations du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, les premières cargaisons de phosphate transformé seront commercialisées dès le premier trimestre 2027.
Grâce à une coordination intersectorielle renforcée et un suivi rigoureux sur le terrain, ce projet intégré s’impose désormais comme le véritable levier du développement durable et de la transition économique de l’Algérie.
