L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières. Une unité industrielle de transformation de dolomite a été inaugurée ce jeudi à Ouled Hamla (wilaya d’Oum El Bouaghi), en marge des célébrations du 60e anniversaire de la nationalisation des mines.
Un projet stratégique qui cible la sidérurgie, le verre et les engrais, et qui ambitionne de réduire la facture des importations.
35 millions de tonnes exploitables
Ainsi, c’est sur les flancs du mont Tioulet, dans la commune d’Ouled Hamla, que prend forme l’un des projets miniers les plus attendus de la région. Le gisement de dolomite du site dispose de ressources géologiques estimées à plus de 43 millions de tonnes, dont environ 35 millions de tonnes exploitables — une manne considérable pour une filière longtemps sous-exploitée en Algérie.
L’exploitation, conduite à ciel ouvert, affiche une capacité annuelle de 100 000 tonnes, réparties entre deux produits à forte valeur commerciale : la dolomite micronisée et la dolomite calcinée, chacune destinée à des applications industrielles distinctes.
Sidérurgie, verre, engrais : des débouchés industriels stratégiques
Loin d’être un projet minier ordinaire, l’unité de Tioulet s’inscrit dans une logique d’intégration industrielle verticale. Les matériaux produits alimenteront directement des secteurs clés de l’économie nationale :
- La sidérurgie, grande consommatrice de dolomite calcinée comme fondant et agent réfractaire ;
- L’industrie du verre, qui en fait un composant essentiel de sa formulation ;
- Les engrais, où le carbonate de magnésium joue un rôle correcteur des sols acides ;
- Les matériaux de construction, avec des applications croissantes dans les mortiers et bétons spéciaux.
L’objectif affiché est clair : satisfaire la demande du marché national tout en réduisant les importations de ces intrants, dont la facture pèse sur la balance commerciale algérienne.
120 emplois directs et un impact économique local attendu
Sur le plan social, le projet prévoit la création d’au moins 120 emplois directs, une bouffée d’oxygène pour une wilaya dont le tissu industriel reste en développement. Les autorités anticipent également des retombées économiques significatives au niveau régional, sans pour l’heure chiffrer précisément le chiffre d’affaires prévisionnel.
Un modèle de transition : de la mine à l’industrie
Inaugurant l’unité en présence du wali d’Oum El Bouaghi et des responsables du groupe Sonarem — opérateur public du projet —, le ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi, a qualifié ce site de « modèle réussi de transition de l’activité minière en amont vers l’industrie en aval ». Une formule qui résume l’ambition nationale : ne plus exporter des matières brutes, mais transformer sur place pour capter la valeur ajoutée.
Cette inauguration s’inscrit dans une séquence plus large. Le ministre a rappelé à cette occasion la poursuite de trois grands chantiers structurants : le projet ferrifère de Gara Djebilet, le complexe intégré de phosphate et le projet zinc-plomb de Tala Hamza–Oued Amizour.
Le secteur minier, pilier de la diversification économique
Organisée le jour même du 60e anniversaire de la nationalisation des mines et du 59e anniversaire de la création de Sonarem, la cérémonie avait une portée symbolique forte. Elle marque aussi l’entrée en fonction d’un ministère des Mines indépendant, créé récemment dans le cadre d’une recomposition gouvernementale visant à accélérer le développement du secteur.
L’Algérie dispose d’un sous-sol parmi les plus riches du continent africain. La dolomite de Tioulet n’en est qu’un exemple parmi les nombreuses ressources encore sous-valorisées — phosphates, zinc, fer, or — que le gouvernement entend désormais transformer en leviers concrets de diversification économique post-hydrocarbures.
