Le président Abdelmadjid Tebboune est à Ankara jusqu’au 8 mai 2026 pour un sommet bilatéral à haute teneur économique.
Au programme : la tenue du premier Conseil de coopération stratégique algéro-turc, la signature de plusieurs accords-cadres et surtout, l’ambition commune de doubler les échanges commerciaux pour atteindre 10 milliards de dollars.
De 6,3 à 10 milliards de dollars : l’ambition commerciale qui structure la visite
La visite du président Tebboune à Ankara ne relève pas du simple protocole diplomatique. Elle s’inscrit dans une dynamique commerciale déjà spectaculaire — et que les deux capitales entendent désormais accélérer.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le volume des échanges bilatéraux entre l’Algérie et la Turquie a atteint 6,3 milliards de dollars fin 2023, un niveau qualifié d’ « historique » par Ankara. Parallèlement, les investissements des entreprises turques en Algérie dépasseraient les 6 milliards de dollars, selon le ministère turc du Commerce.
L’objectif affiché est clair : porter ces échanges à 10 milliards de dollars, un cap qui nécessite de passer d’une logique purement commerciale à un véritable partenariat de production et d’investissement industriel.
Premier Conseil de coopération stratégique : un cadre inédit pour structurer les échanges
Le moment-clé de cette visite est la tenue du premier Conseil de coopération stratégique de haut niveau algéro-turc, réuni en format élargi avec la participation de plusieurs ministres des deux gouvernements.
L’objectif de ce format inédit : donner une architecture institutionnelle durable à des relations jusqu’ici portées principalement par les flux commerciaux. Les discussions couvrent des secteurs précis : commerce, investissement, énergie, industrie, transport, agriculture, textile et santé.
Plusieurs accords doivent être signés à l’issue du sommet. Selon l’agence Anadolu, ces textes visent à « consolider les bases contractuelles des relations bilatérales » — une formulation qui traduit une volonté commune de transformer les convergences politiques en mécanismes économiques concrets.
Énergie et industrie : les deux piliers de la nouvelle relation
Parmi les dossiers prioritaires, l’énergie occupe une place centrale. L’Algérie, fournisseur énergétique stratégique en Méditerranée, représente pour la Turquie un partenaire naturel dans un contexte de recomposition des approvisionnements régionaux.
Sur le volet industriel, les entreprises turques sont déjà implantées en Algérie dans des secteurs variés : sidérurgie, textile, industrie chimique, pharmaceutique, agroalimentaire. Mais cette nouvelle phase pourrait marquer un tournant qualitatif, avec un accent mis sur le transfert de savoir-faire, le développement de projets industriels communs et une intégration plus poussée des entreprises locales algériennes.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics, axe historique de la coopération bilatérale, devrait également s’inscrire dans cette logique de montée en gamme.
L’Algérie, premier partenaire africain de la Turquie en investissements
Ces discussions s’inscrivent dans une réalité déjà bien établie : l’Algérie est, depuis 2023, le deuxième partenaire commercial africain de la Turquie et le premier pays africain en termes d’investissements turcs. Une position qui fait d’Alger un pivot incontournable dans la stratégie économique d’Ankara sur le continent.
De son côté, l’Algérie y trouve une réponse à ses propres priorités : stimuler la production locale, attirer des investissements industriels directs et réduire structurellement sa dépendance aux importations. Le président Tebboune avait d’ailleurs exprimé, lors de précédents échanges, l’intérêt d’Alger pour un élargissement des partenariats dans l’agriculture, le textile et les équipe
