Une enquête explosive publiée ce 8 septembre 2026 par le quotidien israélien Haaretz révèle que les Émirats arabes unis, à travers Mohammed ben Zayed, avaient alerté Benyamin Netanyahou dix jours avant les attaques du Hamas.
Une mise en garde de haut niveau restée lettre morte, alimentant les accusations de négligence à l’encontre du Premier ministre israélien.
Un avertissement venu du sommet de l’État émirati
Les Émirats arabes unis disposaient d’informations cruciales sur la préparation des attaques du 7 octobre 2023. Selon les révélations de Haaretz, le président émirati Mohammed ben Zayed (MBZ) est intervenu directement auprès du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors d’un entretien téléphonique de 45 minutes, dix jours seulement avant le drame.
Au cours de cet échange, MBZ a fait part d’informations sécuritaires récoltées par l’un de ses conseillers en Palestine, évoquant la préparation par le Hamas d’une « opération terrifiante » s’apparentant à un véritable « tremblement de terre ». Soucieux de l’escalade imminente, le dirigeant émirati aurait également fait part de ses vives inquiétudes au directeur de la CIA, William Burns.
Malgré la gravité des renseignements transmis par Abou Dabi, le Premier ministre israélien n’a pas jugé nécessaire d’alerter les chefs des services de sécurité de son pays, laissant les commandos du Hamas exécuter leur assaut sans réorganiser le dispositif défensif.
Des négociations avortées à l’origine de l’escalade
L’origine de ces avertissements émiratis remonte à l’été 2023, période durant laquelle des pourparlers indirects entre Israël et le Hamas semblaient sur le point d’aboutir :
- Concessions du Hamas : Le chef de l’organisation à Gaza, Yahya Sinwar, avait considérablement revu ses exigences à la baisse, exigeant la libération de 50 prisonniers palestiniens au lieu des 500 réclamés initialement.
- Volte-face d’Israël : Alors qu’un accord de principe portait sur la libération de 30 prisonniers (dont 20 condamnés à mort), Benyamin Netanyahou a brutalement fait marche arrière.
- Avertissements répétés : Face à ce blocage, Yahya Sinwar a multiplié les mises en garde par l’intermédiaire d’un contact proche du Fatah, promettant un « zilzal » (séisme) militaire avant de couper tout contact.
Ce sont précisément ces signaux d’alerte, relayés jusqu’au sommet du pouvoir à Abou Dabi, qui avaient poussé Mohammed ben Zayed à décrocher son téléphone pour avertir Jérusalem.
Tempête politique et démentis à Jérusalem
Ces révélations ont immédiatement provoqué un séisme politique en Israël. Alors que le cabinet du Premier ministre dément catégoriquement tout échange avec le président émirati à la fin du mois de septembre 2023, plusieurs figures politiques et militaires ont réagi vivement :
- Naftali Bennett, ancien Premier ministre, a confirmé la véracité des informations de Haaretz, dénonçant une « négligence criminelle » et accusant Netanyahou de bloquer la création d’une commission d’enquête d’État.
- Gadi Eizenkot, ancien chef d’état-major, a rappelé sur les réseaux sociaux que le Premier ministre avait reçu « des dizaines d’avertissements » avant le 7 octobre et qu’il les avait tous ignorés, le jugeant inapte à diriger le pays.
L’attaque du 7 octobre 2023, qui a coûté la vie à plus de 1 200 personnes en Israël, a servi de déclencheur à une offensive militaire massive sur la bande de Gaza, dont le bilan humain dépasse désormais les 73 000 morts.
Une onde de choc diplomatique qui fragilise un peu plus Benyamin Netanyahou : en ignorant les alarmes venues d’Abou Dabi, le Premier ministre israélien ne fait plus seulement face au crash de sa doctrine sécuritaire, mais à une responsabilité historique désormais documentée.
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