Ce qui avait commencé comme une décision municipale singulière a pris une tournure judiciaire majeure.
Ainsi, e président de l’Assemblée populaire communale (APC) de Telagh, M. Hakim, a été placé en détention provisoire dimanche soir par le magistrat instructeur du tribunal de Sidi Bel Abbès, après l’arrêté controversé interdisant la vente des gâteaux de fin d’année, et plus particulièrement la traditionnelle « bûche de Noël ».
En effet, cette affaire s’inscrit dans le prolongement d’une polémique qui avait déjà fait le tour des réseaux sociaux et des médias francophones, où l’Algérie avait été faussement accusée d’une « traque des bûches de Noël ».
En décembre 2025, des vidéos humoristiques et des pâtissiers algériens avaient largement dénoncé ces rumeurs, faisant de la « bûche CNews » un symbole de résistance par l’humour à la désinformation.
La polémique de la bûche CNews prend vie à Telagh
Dans la commune de Telagh, située à 50 km au sud du chef-lieu de la wilaya, M. Hakim avait émis le 7 décembre 2025 la décision n°390 interdisant formellement aux commerçants et pâtissiers de confectionner et vendre ces desserts festifs.
Face à la polémique grandissante, il avait tenté de revenir sur sa décision le 31 décembre, annulant le premier arrêté et mobilisant pour ce faire la sûreté de daïra, la gendarmerie, ainsi que les services d’inspection du commerce et de la santé.
Mais ce revirement n’a pas suffi à calmer les autorités, déjà alertées par l’ampleur des débats sur les réseaux sociaux et les médias locaux.
Selon le quotidien El Khabar, M. Hakim est poursuivi pour des chefs d’inculpation sérieux :
● Incitation au racisme et à la haine ;
● Abus de fonction ;
● Utilisation illicite des technologies de l’information pour la diffusion d’actes administratifs sans aval préalable de la hiérarchie.
L’enquête a révélé une gestion unilatérale et une communication sur les réseaux numériques contournant les canaux officiels de la wilaya.
Pour les observateurs, cette mise en détention envoie un signal fort : elle illustre la volonté de l’État de préserver la cohésion sociale et de sanctionner toute interférence des convictions personnelles dans la gestion publique, surtout lorsqu’elle touche aux libertés commerciales et au vivre-ensemble. L’enquête se poursuit afin de déterminer si d’autres irrégularités ont jalonné le mandat de l’élu désormais sous les verrous.
