Les dernières données publiées par l’opérateur espagnol Enagás confirment la progression de l’Algérie parmi les principaux fournisseurs de gaz naturel de l’Espagne.
Portée par les livraisons via le gazoduc Medgaz, mais également par ses exportations de GNL, Sonatrach continue de renforcer sa présence sur un marché ibérique confronté à de nouveaux défis en matière de sécurité énergétique.
Le Medgaz, principal canal des livraisons algériennes
En effet, le mois de juillet 2026 a particulièrement illustré cette dynamique. Selon les chiffres d’Enagás, l’Espagne a importé quelque 25,6 GWh de gaz durant cette période, dont près de 41 % en provenance d’Algérie, soit environ 10,7 GWh.
L’essentiel de ces volumes, soit 10,228 GWh, a transité par le Medgaz, le gazoduc reliant directement les installations algériennes au sud de l’Espagne. Les exportations sous forme de GNL ont, pour leur part, représenté près de 479 GWh.
Cette progression est également visible sur une base annuelle. En juillet 2025, les volumes acheminés par le Medgaz s’élevaient à environ 9,333 GWh. Ils ont ainsi progressé à 10,228 GWh un an plus tard, confirmant la montée en puissance de cette infrastructure dans l’approvisionnement du marché espagnol.
Une présence qui s’affirme sur les sept premiers mois de 2026
La tendance ne se limite pas au seul mois de juillet. Sur la période allant de janvier à juillet 2026, l’Algérie a fourni environ 75 GWh de gaz à l’Espagne, dont 69,863 GWh via le Medgaz.
Ces volumes représentent près de 34,9 % des importations espagnoles de gaz naturel sur la période, estimées à environ 215 GWh selon les données communiquées par Enagás.
La prédominance du gazoduc dans les livraisons algériennes souligne ainsi le rôle stratégique des infrastructures de transport direct dans la sécurisation des approvisionnements européens.
Sonatrach mise sur la complémentarité gazoduc-GNL
Sur douze mois, d’août 2025 à juillet 2026, l’Algérie a livré quelque 131,662 GWh de gaz au marché espagnol. Le Medgaz a assuré la majeure partie de ces volumes avec 115,047 GWh, tandis que les expéditions de GNL ont atteint environ 16,15 GWh.
Au total, le gaz algérien a représenté près de 35 % des importations espagnoles durant cette période, évaluées à environ 366 GWh.
Cette répartition traduit la capacité de Sonatrach à s’appuyer sur deux canaux d’exportation complémentaires. Si le Medgaz constitue la colonne vertébrale des approvisionnements directs, le GNL offre à l’Algérie une marge de flexibilité supplémentaire pour répondre à l’évolution de la demande sur les marchés internationaux.
L’Espagne cherche à sécuriser ses approvisionnements
Au-delà des volumes, ces chiffres mettent en évidence l’importance croissante de l’Algérie dans le mix gazier espagnol. Dans un environnement européen marqué par la recomposition des flux énergétiques et la réduction de la dépendance au gaz russe, la proximité géographique de l’Algérie constitue un atout majeur pour la péninsule ibérique.
Le Medgaz apparaît ainsi comme une infrastructure stratégique, permettant à l’Espagne de disposer d’un approvisionnement acheminé directement depuis le principal producteur gazier d’Afrique.
Cette réalité pourrait également ouvrir la voie à un approfondissement de la coopération énergétique entre Alger et Madrid. Lors de sa visite en Algérie en juillet dernier, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait d’ailleurs affiché la volonté de son pays de consolider les relations économiques et énergétiques avec l’Algérie, accompagné d’une importante délégation d’acteurs espagnols du secteur.
Pour Sonatrach, la progression des volumes exportés vers l’Espagne constitue donc plus qu’une performance commerciale. Elle conforte la place de l’Algérie comme fournisseur énergétique de référence du marché ibérique et renforce, par la même occasion, son poids dans la recomposition du paysage gazier européen.
K.B
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