L’inflation en Algérie poursuit sa progression en ce début d’année 2026, mais à un rythme relativement maîtrisé.
Ainsi, delon les dernières données de l’Office national des statistiques (ONS), l’indice des prix à la consommation (IPC) de la ville d’Alger a enregistré une hausse de 0,5 % en février 2026 par rapport au mois précédent, après une augmentation plus marquée de 1,4 % en janvier.
L’alimentation, principal moteur de la hausse des prix
En effet, sur une base annuelle, les prix à la consommation affichent une progression de +2,9 % par rapport à février 2025, tandis que le rythme d’inflation annuel s’établit à +1,2 %. Des niveaux relativement modérés, qui contrastent avec les tensions inflationnistes observées dans plusieurs régions du monde, en raison du conflit au moyen-orient.
Comme souvent, ce sont les produits alimentaires qui tirent l’inflation vers le haut. En février, les prix de cette catégorie ont progressé de +0,9 %. Cette hausse est largement imputable aux produits agricoles frais, en augmentation de +1,4 %, avec des flambées notables : +20,6 % pour le poulet, et +5,5 % pour la viande de mouton.
En revanche, certains produits ont contribué à atténuer cette pression, notamment : les légumes (-7,8 %), les fruits (-3,6 %), la pomme de terre (-10,3 %). Les produits alimentaires industriels, quant à eux, ont connu une hausse plus modérée de +0,4 %.
Des disparités marquées entre les secteurs
Au-delà de l’alimentation, les autres composantes de l’indice affichent des évolutions contrastées. Les biens manufacturés enregistrent une hausse mensuelle limitée (+0,1 %), mais sur une année, leur progression atteint +9 %, traduisant une inflation plus structurelle sur les produits importés ou transformés.
Les services, eux, évoluent plus lentement, avec une hausse de +0,2 % sur un mois et +0,9 % sur un an. À l’échelle nationale, la tendance est légèrement plus marquée qu’à Alger, avec une augmentation mensuelle de +1,1 % en février, portée notamment par les prix alimentaires (+2,0 %).
Une inflation sous influence des tensions internationales
Si les chiffres actuels restent contenus, ils s’inscrivent dans un contexte international particulièrement incertain, marqué par les tensions au Moyen-Orient, notamment autour de Iran. Les crises géopolitiques dans cette région stratégique ont un impact direct sur les marchés mondiaux, en particulier : les prix de l’énergie (pétrole et gaz), les coûts du transport maritime ainsi que les chaînes d’approvisionnement alimentaires.
La hausse des biens manufacturés (+9 % sur un an) illustre déjà cette transmission indirecte des tensions internationales vers l’économie locale.
Une vigilance nécessaire pour les mois à venir
Toutefois, malgré ces pressions, l’inflation en Algérie reste globalement maîtrisée, notamment grâce à certains facteurs internes, come la régulation des prix de produits de base, les fluctuations saisonnières favorables (baisse des légumes et fruits), ainsi que la relative stabilité de certains services.
En somme, les dernières données confirment une « inflation modérée » mais persistante, portée principalement par l’alimentation et les produits manufacturés. Dans un contexte international incertain, l’évolution des prix en Algérie dépendra autant des dynamiques internes que des équilibres géopolitiques mondiaux.
