Chaque année, des centaines de médecins fraîchement diplômés de l’université algérienne quittent la mort dans l’âme leur pays pour tenter leur chance sous d’autres ceux, notamment en France et Allemagne.
Cet exil forcé, résulte de nombreux facteurs que chacun connaît, dont la quête d’un avenir meilleur, une reconnaissance souvent illusoire, ou bien par appât du gain.
Devant cette triste réalité et dans le but de tenter de stopper cette hémorragie, l’État algérien décide enfin d’agir. Ainsi, l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, un rendez-vous inédit organisé à El Oued a permis de remettre au cœur du débat la question de la mobilisation des compétences médicales expatriées, à travers une approche renouvelée portée notamment par Sofiane Chaib.
Une émigration médicale qui interpelle
En effet, la question de la fuite des médecins algériens vers l’étranger s’impose comme l’un des enjeux majeurs du secteur de la santé. Attirés par de meilleures conditions de travail, des perspectives de carrière plus larges et des environnements mieux dotés, de nombreux praticiens choisissent chaque année de poursuivre leur parcours hors du pays.
Dans ce contexte, cette mobilité, bien que compréhensible, suscite des inquiétudes quant à son impact sur le système de santé national, notamment en matière de disponibilité des compétences et de qualité des soins. Toutefois, loin de se limiter à un simple constat, les pouvoirs publics semblent désormais privilégier une approche proactive visant à maintenir le lien avec cette élite médicale établie à l’étranger.
Un rendez-vous pour reconnecter les compétences
C’est précisément dans cette optique qu’un colloque réunissant des compétences médicales algériennes, exerçant tant sur le territoire national qu’à l’étranger, s’est tenu dans la wilaya d’El Oued. Organisé à l’initiative du consulat d’Algérie à Nice, cet événement a coïncidé avec la célébration de la Journée mondiale de la santé, le 5 avril.
La rencontre s’est déroulée en présence des autorités locales, conduites par le wali Behoul El Arbi, ainsi que de représentants du ministère de la Santé. Elle a également été marquée par la participation à distance du secrétaire d’État chargé de la communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib.Cette initiative a permis de créer un espace d’échange entre praticiens de divers horizons, favorisant le partage d’expériences et la mise en réseau des compétences médicales algériennes.
Sofiane Chaib plaide pour une coopération durable
Dans son intervention, Sofiane Chaib a insisté sur la nécessité de dépasser les échanges ponctuels pour instaurer une dynamique de collaboration continue.
Selon lui, ce type d’initiatives s’inscrit dans la volonté des hautes autorités du pays de renforcer l’implication des compétences nationales établies à l’étranger dans les efforts de développement, notamment dans le secteur de la santé.
De plus, il a rappelé que cette démarche fait suite aux conclusions d’une réunion virtuelle tenue le 27 octobre 2025 avec des professionnels de santé de la diaspora, en présence du ministre de la Santé, Mohamed Seghir Saâdoui. Cette continuité témoigne d’une volonté d’ancrer durablement les échanges dans des projets concrets.
Vers une intégration active de la diaspora médicale
Dans cette perspective, Sofiane Chaib a appelé les médecins algériens, qu’ils exercent en Algérie ou à l’étranger, à s’engager dans des projets structurants et à renforcer les mécanismes de communication et de coopération.
En effet, loin de se limiter à une dimension symbolique, ce type de rencontre vise à instaurer un véritable écosystème collaboratif fondé sur la complémentarité. L’objectif étant de valoriser l’expertise de la diaspora médicale et de faciliter son intégration dans la dynamique nationale de modernisation du système de santé.
Un levier pour renforcer le système de santé
En définitive, cette initiative illustre une inflexion stratégique : transformer la fuite des cerveaux en une circulation des compétences. En favorisant les passerelles entre médecins résidant en Algérie et ceux établis à l’étranger, les autorités entendent améliorer la qualité des services de santé et consolider la position du pays à l’échelle régionale et continentale.
Enfin, la mobilisation des compétences médicales expatriées apparaît désormais comme un levier essentiel pour répondre aux défis du secteur et accompagner les ambitions de développement sanitaire de l’Algérie.
