Face aux turbulences qui secouent le marché mondial des hydrocarbures, l’Algérie accélère son pivot stratégique à l’international.
Selon des informations révélées par la plateforme spécialisée Attaqa, le Bangladesh négocie actuellement l’achat d’environ dix cargaisons annuelles de gaz naturel liquéfié (GNL) auprès de la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach.
Ce volume confidentiel, gardé sous silence lors des récents échanges officiels, marque une étape décisive : l’attractivité du gaz algérien ne cesse de grimper auprès des économies émergentes d’Asie.
Le Bangladesh passe à l’offensive pour sécuriser son énergie
La concrétisation de ce volume d’approvisionnement fait suite à une réunion de haut niveau tenue le 10 septembre entre Mohamed Arkab, ministre de l’Énergie et des Mines, et Iqbal Hasan Mahmood, ministre bangladais de l’Énergie et des Ressources minérales.
Autour de la table, les dirigeants de la Sonatrach ainsi que les états-majors des compagnies d’État du Bangladesh (Petrobangla, Bangladesh Petroleum Corporation et Rupantarita Prakritik Gas Company Limited) ont posé les jalons d’un partenariat élargi.
- La cible : un accord à court terme portant sur 10 méthaniers par an pour combler le déficit gazier de Dacca.
- Les paramètres à l’étude : les indexations de prix, les calendriers d’expédition et la logistique de livraison restent en phase d’arbitrage préliminaire.
- Un cadre élargi : un comité technique conjoint a été activé pour explorer des débouchés supplémentaires touchant le gaz de pétrole liquéfié (GPL), les produits raffinés et le développement d’infrastructures.
Une ruée asiatique alimentée par les tensions géopolitiques
L’initiative bangladaise illustre une tendance lourde : l’Asie cherche activement à réduire sa vulnérabilité vis-à-vis des routes maritimes sous tension. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz et les avaries de production dans le Golfe ont incité les géants régionaux à réorganiser leurs flux.
- Inde : confrontée à des pénuries chroniques, Indian Oil Corporation mène des pourparlers poussés avec Alger pour sécuriser des approvisionnements mensuels dès 2027.
- Chine : Pékin a consolidé ses volumes réguliers de GPL algérien dès le premier trimestre via des contrats de long terme.
- Irak : en quête d’alternatives après l’interruption des flux iraniens qui a amputé son réseau de 10 000 MW, Bagdad a évalué l’importation de près d’un million de tonnes de GNL par an.
- Turquie : partenaire historique et pivot, Ankara multiplie les extensions contractuelles pour amortir la volatilité des marchés spot.
Sonatrach : desserrer l’étau européen pour maximiser les marges
Pour Sonatrach, ces sollicitations asiatiques représentent une opportunité majeure de rééquilibrage commercial. Jusqu’ici très arrimée à ses clients historiques du sud de l’Europe, l’Algérie dispose désormais d’un levier direct pour arbitrer ses exportations vers les places offrant les meilleures valorisations nettes.
Si les discussions avec Dacca aboutissent, cette percée confirmera la transition de l’Algérie d’acteur régional méditerranéen à pivot énergétique incontournable sur l’axe eurasiatique.
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