L’hécatombe routière continue de meurtrir les grands axes du pays et les bus de transport de voyageurs sont encore une fois mis en lumière.
Dans la nuit de vendredi à samedi, peu avant 23 heures, les routes du Sud algérien ont été le théâtre d’un nouveau drame. Un autobus assurant la liaison longue distance entre Hassi Messaoud et Skikda a effectué un violent dérapage avant de se renverser sur la Route Nationale n° 03, au niveau de la zone de Chegga, dans la commune d’Oumache (daïra d’Ourlal).
Le bilan dressé par la Protection civile fait état d’un mort et de 14 blessés. Si les secours ont rapidement pris en charge les victimes sur place avant de les évacuer vers l’établissement hospitalier local, cet événement vient rallonger une liste déjà sombre. Pour cette seule opération, la Protection civile a mobilisé deux camions de désincarcération et cinq ambulances afin d’extirper les passagers des décombres du véhicule.
La série noire des transports de voyageurs
Au-delà du drame individuel et de la douleur des familles, cet accident n’est malheureusement pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une série noire récurrente qui remet régulièrement en lumière la vulnérabilité des transports en commun inter-wilayas. Les autocars assurant les liaisons de nuit entre les bassins industriels du Sud et le Nord du pays sont particulièrement exposés. Longs trajets, fatigue accumulée, chaussées dégradées et parfois vitesse excessive : une combinaison de facteurs souvent dramatique.
En Algérie, le secteur du transport de voyageurs continue de cristalliser les inquiétudes des usagers et des autorités. Malgré la multiplication des contrôles, la révision du Code de la route et les campagnes de sensibilisation menées par la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR), le fléau persiste.
Facteur humain et vétusté des réseaux : le nœud du problème
Bien que les enquêtes de la Gendarmerie nationale doivent encore déterminer les causes exactes du renversement à Oumache, les premiers éléments d’accidents similaires pointent quasi systématiquement les mêmes défaillances. En tête de liste figure le facteur humain : somnolence au volant sur les lignes nocturnes interminables, retards accumulés incitant à dépasser les limitations de vitesse, ou imprudences lors de dépassements dangereux.
À cela s’ajoute la question de la maintenance des véhicules et du contrôle technique des flottes privées. Enfin, la configuration de certains tronçons de la RN3, axe névralgique traversant les zones sahariennes et semi-arides, pose régulièrement problème face à l’augmentation constante du trafic lourd et de passagers.
Chaque drame suscite le même choc et la même question au sein de l’opinion publique : jusqu’à quand la route continuera-t-elle d’emporter des vies ? Alors que les services de la Protection civile restent mobilisés H24 sous la devise « Toujours à votre service », la bataille pour la sécurité routière semble plus que jamais nécessiter un tournant systémique.
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