Depuis le début du mois de juillet, l’Algérie fait face à une crise environnementale majeure. En seulement 20 jours, pas moins de 1 460 incendies ont été comptabilisés à travers le territoire national, traduisant une hausse inédite des départs de feux sur l’ensemble du pays.
La saison estivale 2026 s’avère particulièrement redoutable pour le couvert végétal algérien. Invité ce lundi à l’émission « L’Invité du matin » sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, le commandant Nassim Bernaoui, directeur adjoint de l’information et de la sensibilisation à la Direction générale de la Protection civile, a tiré la sonnette d’alarme sur cette situation inédite.
Un bilan alarmant au début du mois de juillet
Le chiffre est impressionnant : 1 460 incendies enregistrés en à peine trois semaines, soit depuis le 1er juillet. La situation s’est particulièrement détériorée ces douze derniers jours, concentrant la majorité des sinistres de la saison.
Rien qu’au cours des dernières 24 heures, les services de secours ont dû faire face à 146 départs de feux touchant des forêts, des maquis, des zones agricoles et des palmeraies.
Une réactivité cruciale sur le terrain : Malgré l’ampleur du danger, les unités de la Protection civile sont parvenues à maîtriser entre 85 % et 90 % des foyers recensés depuis le début du mois.
État des lieux dans les wilayas touchées
Si 127 incendies récents ont été rapidement circonscrits, la vigilance reste maximale autour des foyers encore actifs. Les opérations de lutte et de surveillance se poursuivent dans plusieurs régions :
- Skikda : 6 foyers actifs
- Souk Ahras : 3 foyers actifs
- Annaba, Béjaïa, Guelma, El Tarf, Khenchela, Mila, Bouira, Médéa et Mascara : 1 foyer actif par wilaya
Mobilisation générale et moyens déployés
Face à ce péril, la réponse des secours s’organise à grande échelle. Une coordination stratégique a été mise en place sur le terrain entre :
- La Protection civile et la Direction générale des forêts (DGF)
- L’Armée nationale populaire (ANP)
- Les collectivités locales et les présidents d’APC
- Les citoyens et acteurs de la société civile
Les opérations ne se limitent pas à éteindre les flammes : un travail méticuleux de traitement des braises et des foyers résiduels est mené conjointement par les équipes pédestres et les avions bombardiers d’eau pour parer à tout risque de reprise.
Une hausse de près de 100 % par rapport à 2025
L’analyse comparative des données témoigne de la sévérité du phénomène cette année :
| Indicateur | Saison 2025 (1er mai – mi-juillet) | Saison 2026 (1er mai – mi-juillet) | Évolution |
|---|---|---|---|
| Nombre total d’incendies | 1 501 | 3 719 | +94,5 % |
| Superficie végétale détruite | 467 hectares | 1 666 hectares | +256 % |
Le détail des pertes végétales
Selon les bilans fournis par la Direction générale des forêts, les 1 666 hectares dévastés cette saison se répartissent comme suit :
- 661 hectares de maquis
- 545 hectares de broussailles
- 356 hectares de forêts
- 89 hectares d’arbres fruitiers et de cultures agricoles en zones montagneuses
- 14 hectares d’alfa
Alors que les températures demeurent élevées, la surveillance reste renforcée, notamment dans les zones à forte densité forestière et à proximité des agglomérations.
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