L’Algérie confirme sa position de premier fournisseur de gaz de l’Italie, selon les données publiées début juillet par l’Autorité italienne de régulation de l’énergie, des réseaux et de l’environnement (ARERA) dans son rapport annuel 2025 présenté au Parlement et au Gouvernement italiens.
En effet, dans un contexte international marqué par une volatilité géopolitique persistante, tensions commerciales américaines, prolongement du conflit ukrainien et escalade militaire au moyen orient, la sécurité énergétique de l’Italie a une nouvelle fois reposé, en grande partie, sur la fiabilité de son partenariat avec l’Algérie.
L’Algérie, pilier incontournable de l’approvisionnement gazier italien
Selon l’ARERA, en tenant compte de l’ensemble des volumes importés, par gazoduc comme par voie maritime, l’Algérie s’est maintenue en 2025 à la première place des fournisseurs de gaz naturel de la péninsule, avec une part de 36,1 % des importations italiennes, loin devant l’Azerbaïdjan (16,2 %) et les États-Unis (15,9 %).
En volume, l’Italie a importé environ 22,2 milliards de mètres cubes de gaz algérien durant l’année 2025, contre 23,1 milliards de mètres cubes en 2024. Malgré une légère baisse de près de 890 millions de mètres cubes, l’Algérie a conservé une avance significative sur les autres fournisseurs, confirmant la solidité de son partenariat énergétique avec Rome.
Ce leadership algérien s’inscrit dans un marché italien du gaz par ailleurs en pleine recomposition. La consommation nationale italienne a progressé de près de 2 % en 2025, pour atteindre 62,1 milliards de m³, une reprise portée principalement par le secteur thermoélectrique, en hausse de 6,6 %.
Face à cette demande croissante, la dépendance de l’Italie vis-à-vis de l’étranger reste structurellement élevée : 94,3 % du gaz disponible sur le marché italien a été importé en 2025, un niveau qui confirme, une fois de plus, le rôle stratégique des pays fournisseurs historiques, au premier rang desquels figure l’Algérie.
Une diversification des sources qui ne remet pas en cause le rôle central de l’Algérie
Le rapport de l’ARERA met en lumière une évolution notable du mix d’approvisionnement italien. Les flux en provenance des États-Unis ont doublé en un an, tandis que les importations depuis le Nord de l’Europe — Norvège et Pays-Bas — ont bondi de 43 %, portant leur part combinée de 10,1 % à 14,1 % du total. Cette diversification s’est accompagnée d’un recul, en volume, des importations en provenance des fournisseurs dits « historiques », parmi lesquels l’Algérie, l’Azerbaïdjan, le Qatar et la Libye.
Ce mouvement traduit avant tout la stratégie italienne de sécurisation de ses sources d’approvisionnement, engagée depuis la crise énergétique de 2022, plutôt qu’un désengagement vis-à-vis de l’Algérie. De fait, malgré cette recomposition, Alger conserve une avance significative sur l’ensemble de ses concurrents : sa part de marché dépasse de plus de 19 points celle de son plus proche poursuivant, l’Azerbaïdjan. Le Qatar, de son côté, a vu sa part reculer légèrement, de 11,6 % à 11 %, confirmant que c’est bien l’Algérie qui demeure la référence incontestée du marché gazier italien.
Le gaz naturel liquéfié, nouveau relais de croissance des échanges énergétiques
Autre enseignement du rapport annuel de l’ARERA : la spectaculaire progression des importations italiennes de gaz naturel liquéfié (GNL), en hausse de 44 % sur un an, passant de 14,7 à 21,2 milliards de m³ et représentant désormais près d’un tiers des importations totales de l’Italie. Cette dynamique ouvre une fenêtre supplémentaire de coopération pour l’Algérie, dont les capacités d’exportation de GNL, notamment à partir des terminaux de Skikda et d’Arzew, constituent un atout complémentaire au gaz acheminé par gazoduc via le Transmed.
Sur le plan industriel, le rapport souligne également qu’Eni demeure le premier importateur de gaz vers l’Italie, avec 28,6 % de parts de marché, suivi d’Edison (15,3 %). Les deux groupes, historiquement engagés aux côtés de Sonatrach dans le développement du corridor gazier algéro-italien, continuent ainsi de structurer une bonne partie des flux commerciaux entre les deux rives de la Méditerranée.
Un partenariat stratégique conforté par un contexte énergétique tendu
Au-delà des chiffres, le rapport de l’ARERA illustre combien la relation énergétique algéro-italienne continue de jouer un rôle stabilisateur dans un marché européen marqué par l’incertitude. Alors que les prix de l’énergie sont restés soumis à une forte volatilité tout au long de l’année 2025, la constance de l’approvisionnement algérien a permis à l’Italie de limiter les risques d’approvisionnement, dans un contexte où plusieurs pays européens ont dû faire face à des hausses de prix marquées, à l’image de la Roumanie ou de la Pologne.
Ces données confirment, une fois de plus, la place centrale qu’occupe l’Algérie dans l’architecture énergétique de l’Europe du Sud, et plus particulièrement de l’Italie, son partenaire économique et énergétique de longue date. Un rôle appelé à se renforcer dans les prochaines années, à mesure que les infrastructures gazières entre les deux pays continueront de se développer.
Lien permanent : https://just-infodz.com/iua7
