Avec le lancement officiel de l’exploitation du gisement de Tala Hamza à Oued Amizour, le pays s’apprête à devenir un acteur incontournable du marché des métaux stratégiques, indispensables à la transition énergétique mondiale.
En effet, le paysage minier international compte désormais un nouveau géant. Situé dans la wilaya de Béjaïa, le projet de Tala Hamza n’est plus seulement un espoir local, mais une réalité à dimension planétaire. Lancé le 17 mars 2026, ce projet ambitieux vise à extraire les richesses d’un gisement dont les réserves sont estimées à 54 millions de tonnes, dont 34 millions sont immédiatement exploitables.
Un géant parmi les Grands
Selon les projections de la plateforme spécialisée « Énergie », Tala Hamza devrait se hisser à la septième place mondiale des mines de zinc. Sa capacité de production annuelle, fixée à 170 000 tonnes, rivalise avec les standards des plus grandes exploitations européennes. Fait rare dans l’industrie minière : le projet a intégré le cercle très fermé des sites de référence avant même d’avoir atteint sa pleine cadence.
L’Algérie rejoint ainsi une liste prestigieuse où figurent des sites emblématiques tels que Rampura Agucha en Inde, Red Dog aux États-Unis ou encore Antamina au Pérou. Ce positionnement permet au pays d’envisager une place sur le podium mondial en termes de réserves de zinc.
Un partenariat stratégique et souverain
Le développement de cette structure repose sur une coopération internationale équilibrée. Le groupe public algérien Sonarem détient 51 % des parts, assurant la souveraineté nationale sur la ressource, tandis que le partenaire australien Terramin Australia apporte son expertise à hauteur de 49 %.
L’investissement global est à la mesure des ambitions : 471 millions de dollars ont été mobilisés, pour des revenus annuels attendus avoisinant les 60 millions de dollars. Au-delà des chiffres, c’est une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie nationale, cherchant à réduire sa dépendance historique aux hydrocarbures.
Au cœur de la révolution verte
Le timing de ce projet est loin d’être fortuit. Le zinc, composé à 78 % dans le minerai de Tala Hamza (contre 22 % pour le plomb), est devenu un métal critique pour la transition écologique. Si 60 % de sa production mondiale sert traditionnellement à la galvanisation de l’acier, il est désormais un composant essentiel des technologies propres.
De la fabrication des panneaux solaires aux éoliennes offshore — qui consomment des volumes massifs de ce métal — jusqu’aux batteries de stockage électrique, le zinc est le moteur de l’industrie de demain. Enfin, en s’imposant sur ce segment, l’Algérie ne se contente pas d’exporter une matière première ; elle s’insère durablement dans la chaîne de valeur de la transition énergétique mondiale.
