Les résultats provisoires des élections législatives du 2 juillet 2026, proclamés ce lundi 6 juillet par le président par intérim de l’ANIE (Autorité nationale indépendante des élections), M. Karim Khelfane, dessinent une nouvelle carte politique.
Ainsi, si l’alliance traditionnelle composée du FLN (90 sièges) et du RND (73 sièges) frôle la majorité absolue, le fait marquant de ce scrutin reste le recul spectaculaire des listes indépendantes.
En effet, véritables surprises du précédent mandat, les candidats sans étiquette subissent un coup d’arrêt brutal, redistribuant les cartes au sein de la future Assemblée populaire nationale (APN).
Un effondrement dans les urnes : -52 députés pour les sans-étiquette
Le contraste avec la précédente législature est saisissant. En 2021, les listes indépendantes avaient créé l’événement en raflant 84 sièges au Parlement. En 2026, le verdict des urnes est sans appel : ils n’obtiennent plus que 32 députés, enregistrant une perte sèche de 52 sièges.
Cette dégringolade s’explique, selon les observateurs de la scène politique nationale, par deux facteurs majeurs :
- L’échec structurel de leurs campagnes électorales.
- Une profusion de listes déconnectées des structures partisanes traditionnelles, qui a fini par atomiser les voix des électeurs.
Le retour des partis traditionnels en Kabylie : l’exemple de Tizi-Ouzou
À Tizi-Ouzou, l’effritement des indépendants est particulièrement flagrant. Sur 22 listes engagées, seules trois s’en sortent avec un bilan très maigre de 4 sièges au total : Assirem (2 sièges), Nida El Watan (1 siège) et Tajmaât (1 siège).
« Cette débâcle est le résultat direct du retour du FFS et du RCD dans la course électorale, après leur boycott massif du scrutin de 2021 », analyse un ancien député de l’APN.
Le retour au jeu des partis solidement implantés dans la région a immédiatement asphyxié les ambitions des candidats libres.
Erreur de stratégie : Un discours trop local pour un scrutin national
Au-delà des dynamiques régionales, c’est le contenu même du discours des indépendants qui est pointé du doigt. De nombreux observateurs estiment que la campagne a souffert d’un manque criant de hauteur politique.
Un militant du courant démocratique résume ainsi la situation :
- Un ancrage trop localisé : Les candidats ont axé leurs promesses sur la proximité immédiate, évoquant le développement d’une commune, d’une daïra, voire d’un village ou d’une tribu.
- Une confusion des rôles : En se focalisant sur des problématiques de gestion locale, ils ont occulté la mission première d’un parlementaire. Pour rappel, un député à l’APN a pour mandat de légiférer et de débattre de projets d’intérêt national, et non de gérer le quotidien des collectivités.
Vers une APN aux airs de « déjà-vu » : En attendant la Cour constitutionnelle
À l’issue de ce scrutin, l’Assemblée de 2026 affiche une configuration qui rappelle étrangement celle de 2012, la percée des indépendants n’ayant été qu’une parenthèse.
Le processus de validation suit son cours. Ce mardi 7 juillet, les membres de l’ANIE ont été reçus par la présidente de la Cour constitutionnelle, Madame Leila Aslaoui, qui devra statuer et proclamer les résultats définitifs. Toutefois, les chiffres actuels ont de fortes chances d’être confirmés. M. Karim Khelfane a en effet précisé qu’aucun recours n’avait été déposé concernant la centralisation des procès-verbaux, scellant ainsi la trajectoire de cette nouvelle législature.
