Le ministère des Travaux publics passe à la vitesse supérieure pour protéger le réseau routier algérien.
Grâce à un nouvel accord stratégique, la Gendarmerie nationale va déployer des stations de pesage mobiles pour traquer les véhicules lourds en infraction. Une priorité nationale pour préserver les infrastructures et sauver des vies.
L’Algérie déclare la guerre à la surcharge des véhicules poids lourds. Ce samedi, une étape décisive a été franchie à Alger avec la signature d’une convention majeure entre le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base et le Commandement de la Gendarmerie nationale.
Objectif affiché : doter les forces de l’ordre de stations de pesage mobiles pour renforcer les contrôles sur le terrain et endiguer un phénomène devenu une véritable menace pour l’économie et la sécurité du pays.
L’accord a été paraphé par Ismaël Rabhi, directeur général des infrastructures des travaux publics, et le colonel Mohammed Chebani, directeur des unités formées à la Gendarmerie nationale, sous la supervision directe du ministre du secteur, Abdelkader Djellaoui.
Un impératif économique : 30 % du budget alloué à l’entretien des routes
Lors d’une journée d’étude et de sensibilisation organisée à l’École supérieure de management des travaux publics, le ministre Abdelkader Djellaoui n’a pas mâché ses mots. Avec un réseau routier national impressionnant de plus de 147 000 kilomètres, l’Algérie possède un capital d’infrastructures précieux, mais fragile.
« La surcharge des poids lourds est l’une des principales causes de la dégradation prématurée de nos routes et de nos ponts. Elle réduit considérablement leur durée de vie et provoque des accidents dramatiques », a martelé le ministre.
L’impact financier est colossal pour l’État :
- Chaque année, près de 30 % du budget du ministère est englouti dans la maintenance et la réhabilitation du réseau routier.
- Ces fonds permettent de remettre en état environ 2 000 kilomètres de routes par an.
- Des budgets massifs sont également injectés en continu pour préserver l’autoroute Est-Ouest, axe économique ultra-stratégique du pays.
Tolérance zéro : 13 tonnes par essieu maximum
Dans le cadre de l’application de la nouvelle loi sur la circulation routière, le gouvernement passe à l’offensive. La réglementation algérienne fixe désormais une charge maximale légale par essieu de 13 tonnes.
Pour faire respecter cette limite, la stratégie repose sur un triptyque clair :
- La multiplication des contrôles grâce au déploiement combiné de stations de pesage fixes et mobiles.
- Le durcissement du cadre juridique encadrant le transport de marchandises.
- Une coordination intersectorielle renforcée impliquant la Défense nationale (Gendarmerie), l’Intérieur, la Justice et les Transports.
Vers une prise de conscience des professionnels du transport
Si la répression s’intensifie avec l’arrivée des nouvelles balances mobiles de la gendarmerie, le gouvernement mise aussi sur la prévention. Abdelkader Djellaoui a lancé un appel vibrant pour intensifier les campagnes de sensibilisation, afin d’ancrer durablement la culture du respect des limites de charge chez les transporteurs et les professionnels de la logistique.
Avec ce nouveau dispositif opérationnel, l’Algérie espère non seulement pérenniser ses investissements colossaux dans les infrastructures de base, mais surtout rendre les routes nationales nettement plus sûres pour tous les usagers.
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