Une moisson exceptionnelle et un défi logistique sans précédent. L’Algérie fait Face à une surabondance de céréales qui s’annonce historique.
Devant cet enjeu, le ministère de l’Agriculture sort le grand jeu. Plateforme numérique, renforts de moissonneuses-batteuses et horaires élargis : tout est mis en œuvre pour éviter la moindre perte de grains et garantir la sécurité financière des agriculteurs.
Une production céréalière historique qui sature les capacités de récolte
L’année 2026 s’annonce comme celle de tous les records pour la filière céréalière. Portée par des précipitations automnales et printanières particulièrement favorables, l’extension massive des surfaces emblavées a généré une surabondance de la production.
Si cette moisson exceptionnelle est une excellente nouvelle pour la sécurité alimentaire du pays, elle a paradoxalement plongé les agriculteurs dans l’inquiétude. En effet, les volumes attendus ont provoqué un déficit inédit de moissonneuses-batteuses dans plusieurs wilayas. Malgré le déploiement massif de matériel dès le mois d’avril par Agrodiv (332 moissonneuses et 765 camions dans le Sud), la demande a littéralement submergé les capacités initiales, provoquant des retards et des risques de pertes de grains au sol.
Sécurisation des récoltes : Le plan de sauvetage mécanique du ministère
Pour enrayer immédiatement les pertes sur le terrain et répondre aux appels de détresse des céréaliculteurs, le ministère de l’Agriculture a déclenché une batterie de mesures d’urgence. L’objectif est clair : convertir cette abondance en richesses réelles pour l’économie nationale.
La numérisation au service des agriculteurs
Les producteurs sont invités à solliciter directement des engins via la plateforme électronique hassad.dz. Grâce à cet outil numérique, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et la société AgroDrive ont injecté 1 300 moissonneuses-batteuses supplémentaires sur le terrain.
Un partenariat public stratégique
Ce dispositif est renforcé par un accord crucial entre AgroDrive et l’entreprise publique PMAT Trading, permettant d’acheminer en urgence des engins de secours dans les zones les plus saturées.
Logistique et stockage : Zéro perte de grains tolérée
Au-delà de la coupe, c’est toute la chaîne logistique qui a été assouplie pour absorber ce flux massif de céréales et éviter les goulots d’étranglement des années précédentes.
- Livraison simplifiée sans carte professionnelle : Les agriculteurs qui ne possèdent pas encore leur carte professionnelle peuvent exceptionnellement livrer leur récolte aux Coopératives des céréales et des légumes secs (CCLS). Il leur suffit de déclarer leur production sur la plateforme en ligne ou auprès des subdivisions agricoles de proximité.
- Des centres de stockage ouverts 7j/7 : Pour fluidifier le transport et éliminer les files d’attente interminables, les centres de réception et de stockage restent ouverts 7 jours sur 7, week-ends et jours fériés compris, avec des horaires de nuit élargis.
- Le rôle clé des silos stratégiques : Le programme présidentiel de réalisation de centres de stockage de proximité et de silos stratégiques prouve aujourd’hui toute son efficacité en réduisant drastiquement les distances de livraison et en protégeant le grain des intempéries.
Un enjeu économique et social majeur pour 2026
Après plusieurs années de sécheresse difficile, les céréaliculteurs jouent gros. Un retard de moisson ou un égrenage excessif causé par le vent amputeraient directement les recettes des exploitants.
« Chaque quintal gaspillé représente une perte financière directe pour le producteur comme pour l’économie nationale. »
En mobilisant l’ensemble des acteurs sectoriels, l’État montre sa volonté de maîtriser l’ensemble de la chaîne, de la coupe jusqu’au stockage. Ce plan d’urgence complet — alliant technologie, logistique non-stop et renfort mécanique — vise à transformer ce pic de production exceptionnel en une réussite financière totale pour le pays.
