En quête désespérée de capitaux pour financer son méga-projet pharaonique de gazoduc atlantique, le Maroc se… tourne vers les institutions américaines.
Face à la réalité industrielle du projet algérien (TSGP), la diplomatie marocaine tente le tout pour le tout.
La quête du Saint-Graal financier : Rabat «sort la casserole» à Washington
C’est ce qui s’appelle poliment « solliciter de l’aide ». En manque cruel d’investisseurs crédibles pour son gazoduc atlantique estimé à la bagatelle de 26 milliards de dollars, le Maroc est parti tendre la main de l’autre côté de l’Atlantique, rapporte Bloomberg.
L’ambassadeur marocain à Washington, Youssef Amrani, s’est empressé d’aller frapper à la porte de l’Export-Import Bank des États-Unis et de la Banque mondiale dans l’espoir de décrocher un chèque.
Pour vendre sa chimère géante de plusieurs milliers de kilomètres censée longer toute la côte ouest-africaine, la diplomatie marocaine n’a pas hésité à surfer sur les tensions au Moyen-Orient.
Selon Rabat, le moindre soubresaut géopolitique mondial rendrait subitement leur tracé indispensable pour l’Europe. Une logique imparable… sur le papier. Quant aux détails concrets du financement ou aux engagements fermes des banquiers américains ? Silence radio.
Un projet chimérique face au mur de la réalité
Il faut dire que le projet de gazoduc Afrique-Atlantique (GAA) commence à ressembler à une promesse diluée dans sa propre démesure. Vieux de dix ans, le dossier s’entasse sur les bureaux sans réussir à franchir le cap de la faisabilité.
Les analystes du secteur ne s’y trompent pas. Traverser une dizaine de pays, jongler avec autant de cadres juridiques différents et empiler les risques politiques tout le long du continent africain fait fuir les investisseurs sérieux. Les questions embarrassantes s’accumulent :
- Qui va payer une facture aussi colossale pour un tracé hyper-complexe ?
- Quel est le calendrier réel pour un chantier d’une telle ampleur ?
- Quelle rentabilité espérer sur un marché européen devenu extrêmement exigeant ?
« À force de s’étendre sur le papier, ce gazoduc marocain finit par ressembler davantage à un coup d’affichage politique qu’à une infrastructure industrielle crédible. », indique Jeff Porter, dirigeant du cabinet North Africa Risk Consulting
Le TSGP algérien : Quand le pragmatisme l’emporte sur les Illusions
Pendant que Rabat fait la tournée des popotes financières, l’Algérie avance avec un atout majeur : la réalité du terrain. C’est le constat dressé par Jeff Porter, dirigeant du cabinet North Africa Risk Consulting. La rivalité entre le gazoduc atlantique du Maroc et le Gazoduc Transsaharien (TSGP) porté par l’Algérie ne relève pas de la diplomatie, mais de la pure logique industrielle.
L’avantage du TSGP repose sur des fondations concrètes :
- Un itinéraire plus court et techniquement beaucoup moins risqué.
- Des infrastructures existantes : L’Algérie dispose déjà d’un réseau gazier ultra-performant connecté directement à l’Espagne et à l’Italie.
- Des coûts maîtrisés : Partir d’une base opérationnelle réduit drastiquement les incertitudes financières.
L’Europe choisit la sécurité, l’Algérie Incontournable
Échaudée par la crise énergétique et les tensions mondiales, l’Europe n’a plus le temps pour les mirages à 26 milliards. L’heure est au pragmatisme : des solutions rapides, fiables et immédiatement disponibles.
Dans ce paysage énergétique en pleine mutation, l’Algérie confirme son statut de hub gazier stratégique en Méditerranée. Non contente d’être un fournisseur historique de confiance, elle s’impose comme le corridor naturel pour acheminer le gaz nigérian vers le Vieux Continent. Une continuité industrielle tangible qui fait toute la différence face aux projets sur papier glacé.
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