La plupart des laboratoires d’analyses médicales en Algérie traversent actuellement une période critique. La cause : les produits réactifs font cruellement défaut. Il ne s’agit plus de simples perturbations, mais littéralement de pénurie.
Ainsi et devant cette situation, le Syndicat algérien des laboratoires d’analyses médicales ( SALAM), vient de tirer la sonnette d’alarme au sujet des ruptures répétées en réactifs de biologie médicale dans plusieurs wilayas, touchant désormais des paramètres d’urgence vitale comme la troponine et les D-dimères.
Une situation critique dénoncée
En effet, ce syndicat, via un communiqué rendu public ce mercredi 13 mai 2026, dénonce des « pénuries persistantes » en réactifs de biologie médicale, signalées depuis plusieurs mois à travers l’ensemble du territoire national.
Ce qui inquiète le plus les professionnels du secteur, c’est que la pénurie ne se limite plus aux réactifs courants. Elle touche désormais des paramètres biologiques d’urgence absolue, notamment :
• La troponine, marqueur clé dans le diagnostic de l’infarctus du myocarde
• Les D-dimères, indispensables au dépistage des embolies pulmonaires et des thromboses veineuses profondes
Ces deux réactifs sont au cœur de la prise en charge rapide des urgences cardiovasculaires et thromboemboliques. Leur indisponibilité représente selon les professionnels du secteur, un risque direct pour la vie des patients.
Le SALAM exige une intervention urgente des autorités
Selon les réclamations remontées par les adhérents du syndicat, les perturbations concernent plusieurs marques et systèmes analytiques utilisés quotidiennement dans les laboratoires de biologie médicale. La continuité des prestations biologiques est sérieusement compromise, et l’inquiétude grandit parmi les professionnels de santé.
Face à l’ampleur de la situation, le SALAM appelle à une mobilisation immédiate et coordonnée de l’ensemble des acteurs concernés. Le syndicat demande aux autorités compétentes et aux ministères concernés de :
• Évaluer rapidement l’étendue réelle des ruptures constatées à l’échelle nationale
• Identifier les causes de ces dysfonctionnements dans la chaîne d’approvisionnement
• Mettre en place des solutions immédiates et durables garantissant la disponibilité régulière des réactifs essentiels
Le SALAM se dit par ailleurs pleinement disponible pour participer à toute réunion de concertation visant à apporter des réponses concrètes et efficaces à cette crise.
Un signal d’alarme pour le système de santé algérien.
Cette pénurie de réactifs médicaux met en lumière une fragilité structurelle dans l’approvisionnement des laboratoires algériens, un maillon pourtant essentiel du parcours de soins. Sans diagnostic biologique fiable et rapide, c’est toute la chaîne de prise en charge médicale qui se trouve fragilisée.
La sourde oreille des autorités pointée du doigt
Interrogé à ce propos, le Dr Bendjama Ali, président du SALAM, affirme que les autorités concernées — à savoir le ministère de la Santé et celui de l’Industrie pharmaceutique — sont « au courant » de cette pénurie. « Nous n’avons eu de cesse d’interpeller ces deux départements depuis des mois. En vain », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : « Depuis le début de l’année, nous avons constaté une certaine tension sur ces produits et nous avions agi en conséquence en alertant les pouvoirs publics. Cependant, aucune suite n’a été donnée à nos multiples requêtes », déplore le Dr Bendjama.
Pour notre interlocuteur, le syndicat qu’il dirige a décidé, en ultime recours, de rendre la situation publique. « La situation est grave ! À travers notre communiqué, nous voulons alerter pour la énième fois les autorités sur la gravité de cette pénurie et prendre l’opinion publique à témoin », a-t-il conclu.
