Une délégation ministérielle tchadienne de haut niveau a visité le port de Djen Djen (Jijel), confirmant l’ambition des deux pays de faire de cette infrastructure un pivot central des échanges algéro-africains.
Le port de Djen Djen s’impose progressivement comme un acteur incontournable de la logistique méditerranéenne et africaine. Une délégation officielle tchadienne de premier rang s’est rendue ce jeudi 23 avril 2026, sur le site, traduisant concrètement l’intérêt croissant des pays du Sahel et de l’Afrique centrale pour cette infrastructure stratégique du nord-est algérien.
Une délégation de haut niveau
En effet, la délégation, conduite par le Secrétaire général du ministère tchadien de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, ainsi que le Directeur général des ports et de la marine marchande, comprenait plusieurs membres du gouvernement tchadien : la ministre des Transports et de l’Aviation civile, le ministre du Commerce, le ministre des Infrastructures, ainsi que le conseiller spécial du Président de la République du Tchad et une représentation d’opérateurs économiques privés. Côté algérien, le wali de Jijel et les membres de la commission de sécurité de la wilaya assuraient l’accueil officiel.
Un port qui franchit un cap historique
La visite a mis en lumière plusieurs jalons structurants pour l’avenir du port. En janvier dernier, Djen Djen a réalisé sa première opération de transbordement à l’échelle nationale, une première qui confirme sa montée en puissance dans les réseaux mondiaux du transport maritime.
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La réception de la première tranche du terminal à conteneurs constitue une autre étape clé, en attendant l’achèvement des phases suivantes du chantier. Les projets en cours renforcent cette trajectoire ascendante : le raccordement du port à l’autoroute Djen Djen–El Eulma figure parmi les chantiers prioritaires, de nature à fluidifier considérablement le mouvement des marchandises vers l’intérieur du pays et au-delà.
350 hectares et une zone franche : la vision à long terme
La vision stratégique présentée à la délégation tchadienne est particulièrement ambitieuse. Ainsi, le port de Djen Djen a vocation à s’étendre sur une superficie de 350 hectares supplémentaires, et un projet de zone franche commerciale est à l’étude.
Ces deux leviers positionnent l’infrastructure comme un futur centre régional d’échanges et d’investissement, capable de drainer les flux commerciaux d’une large partie du continent.
La transsaharienne, clé de voûte du partenariat
L’élément le plus déterminant de cette visite réside dans la confirmation de la compatibilité du port de Djen Djen avec le projet de la route transsaharienne. Cette artère stratégique, qui relie l’Algérie aux pays du Sahel et de l’Afrique centrale, dont le Tchad, offre des perspectives directes pour réduire les coûts logistiques, sécuriser les approvisionnements et accélérer les échanges commerciaux entre les deux pays.
Pour N’Djamena, l’enjeu est vital : pays enclavé sans accès à la mer, le Tchad cherche des routes d’exportation et d’importation fiables. La délégation a explicitement indiqué que le port de Djen Djen a vocation à devenir la plateforme maritime de référence pour les opérations commerciales tchadiennes, signalant une volonté politique claire de consolider ce partenariat bilatéral.
Cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération algéro-africaine. En positionnant Djen Djen comme porte d’entrée maritime du continent pour les pays sahéliens, l’Algérie consolide son rôle de puissance régionale et donne une dimension concrète à sa politique africaine.
Enfin, pour le port de Jijel, l’enjeu est désormais de transformer cet intérêt diplomatique en flux commerciaux réguliers et en investissements durables.
