Dans un contexte mondial marqué par la flambée des prix de l’énergie, certains pays continuent de faire exception.
C’est le cas de l’Algérie, qui figure toujours parmi les États où l’électricité reste la moins chère au monde, avec un tarif autour de 0,041 dollar le kilowattheure.Un positionnement qui n’est pas anodin.
Ainsi, à l’heure où de nombreuses économies subissent de plein fouet la hausse des coûts du gaz et du pétrole, Alger bénéficie d’un atout majeur : une production locale abondante, notamment grâce à ses importantes réserves gazières. Cette indépendance énergétique permet de maintenir des prix bas pour les ménages comme pour les industriels, tout en limitant l’impact des turbulences internationales.
Un modèle fondé sur l’abondance des ressources
À l’échelle mondiale, seuls quelques pays affichent des tarifs encore plus faibles. L’Iran arrive largement en tête, avec un prix quasi symbolique de 0,002 dollar/kWh, soutenu par des subventions massives et une surabondance de gaz.
Derrière, on retrouve des pays comme l’Éthiopie, le Kirghizistan ou encore l’Angola, qui tirent parti de leurs ressources hydrauliques ou fossiles. Le monde arabe n’est pas en reste. La Libye, le Soudan, la Syrie et l’Égypte figurent eux aussi parmi les dix pays les plus compétitifs, confirmant le rôle clé des ressources naturelles dans la maîtrise des prix de l’électricité.
Des équilibres fragilisés par les tensions géopolitiques
Mais cette situation reste fragile. Les tensions géopolitiques, notamment autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz, ont déjà commencé à perturber les marchés énergétiques mondiaux. Si les pays autosuffisants résistent pour l’instant, la hausse des coûts d’équipement et les perturbations logistiques pourraient, à terme, se répercuter sur les tarifs.
Pour l’Algérie, l’équation est donc stratégique : continuer à garantir des prix accessibles tout en préservant ses capacités d’exportation, qui représentent une source essentielle de revenus. Ce double équilibre pourrait devenir plus difficile à maintenir si les prix internationaux restent durablement élevés.
Vers une recomposition du marché de l’électricité
À plus long terme, une autre tendance se dessine. Face à l’instabilité des marchés du gaz, de nombreux pays accélèrent leur transition vers les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien. Une évolution qui pourrait rebattre les cartes et redéfinir la hiérarchie des pays les plus compétitifs en matière d’électricité.
Dans ce paysage en mutation, l’Algérie conserve pour l’instant une position avantageuse. Mais cette avance dépendra de sa capacité à s’adapter aux nouvelles dynamiques du marché énergétique mondial.
