L’Algérie semble bien partie pour consolider sa dynamique économique et énergétique en 2026.
C’est du moins ce qui ressort d’une récente analyse publiée par l’organisme allemand Germany Trade and Invest (GTAI), laquelle met en lumière la capacité du pays à tirer profit de ses ressources énergétiques tout en accélérant la diversification de son économie.
Un vaste programme d’investissements dans les hydrocarbures
Selon l’étude, la conjoncture internationale continue de jouer en faveur de l’Algérie. Les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient maintiennent les prix de l’énergie à des niveaux relativement élevés, permettant au pays de préserver des recettes importantes issues des exportations de pétrole et de gaz.
Ces revenus offrent aux pouvoirs publics une marge de manœuvre significative pour financer les investissements et soutenir les dépenses publiques.
Face au défi du vieillissement progressif de certains gisements, les autorités ont engagé un ambitieux programme de modernisation du secteur énergétique. Dans ce cadre, le ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab, a annoncé un plan d’investissement de près de 60 milliards de dollars dans les hydrocarbures à l’horizon 2030. Cette stratégie s’est concrétisée en avril 2026 avec le lancement de l’appel d’offres international « Algeria Bid Round 2026 », destiné à attirer de nouveaux investisseurs dans les activités d’exploration et de production pétrolière et gazière.
L’étude allemande souligne également le rôle grandissant de l’Algérie dans la sécurité énergétique européenne. Depuis 2025, le pays occupe la deuxième place parmi les fournisseurs de gaz naturel de l’Union européenne par gazoduc, une position qui renforce son attractivité auprès des grands groupes internationaux.
Parmi les exemples cités figure le groupe énergétique italien ENI, qui a annoncé en avril 2025 un programme d’investissement de 8 milliards d’euros en Algérie. De son côté, Sonatrach poursuit l’élargissement de son réseau de partenariats internationaux. En octobre 2025, la compagnie nationale a conclu un accord avec la société saoudienne Midad Energy pour développer des projets d’exploration et de production d’hydrocarbures dans le bassin d’Illizi.
Les énergies renouvelables gagnent du terrain
Tout en consolidant son industrie pétrolière et gazière, l’Algérie accélère sa transition énergétique. Germany Trade and Invest relève qu’au printemps 2026, deux centrales solaires d’une capacité de 200 mégawatts chacune ont été mises en service.
Ces réalisations s’inscrivent dans une stratégie nationale visant à porter les capacités installées en énergies renouvelables à 15 gigawatts d’ici 2035. Cette approche, qui combine exploitation des hydrocarbures et développement des énergies vertes, doit permettre au pays de renforcer sa sécurité énergétique tout en préparant l’économie aux évolutions futures du marché mondial.
Une croissance économique soutenue
Les perspectives macroéconomiques demeurent particulièrement favorables pour l’année en cours. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 3,8 %, tandis que la Banque mondiale l’estime à 3,7 %. Plus optimiste, l’Economist Intelligence Unit (EIU) table sur une progression proche de 4,5 %.
Cette dynamique est principalement alimentée par la consommation intérieure, les investissements publics et les grands projets structurants financés grâce aux revenus énergétiques.
D’après GTAI, les ressources générées par le pétrole et le gaz contribuent également au développement de plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment les mines, l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, l’automobile et l’énergie. Les infrastructures devraient également bénéficier d’une accélération des programmes de développement à travers le territoire national.
La diversification économique commence à porter ses fruits
Pour les analystes allemands, les efforts engagés ces dernières années afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures produisent progressivement leurs effets. La formation brute de capital fixe devrait continuer de progresser en 2026, même si le rythme de croissance devrait être moins soutenu que lors des exercices précédents. L’étude attribue notamment cette évolution aux réformes mises en œuvre depuis 2022 dans le cadre de la nouvelle législation sur l’investissement, qui contribue à améliorer le climat des affaires et à renforcer l’attractivité du marché algérien.
GTAI relève néanmoins la persistance de certaines contraintes administratives et réglementaires susceptibles de ralentir l’accès au marché pour les investisseurs étrangers. Dans le même temps, la présence économique chinoise continue de se renforcer, particulièrement dans les secteurs de l’agriculture, de l’automobile et du ferroviaire, où plusieurs projets de grande ampleur sont annoncés.
L’intérêt croissant des entreprises allemandes
L’étude met également en évidence la présence durable de grands groupes allemands sur le marché algérien, parmi lesquels Knauf, Siemens, Liebherr et BASF.
Les exportations allemandes vers l’Algérie sont restées relativement stables en 2025, atteignant environ 2,1 milliards d’euros. Les machines industrielles figurent parmi les produits les plus performants avec une hausse de 23 %, portant leur valeur à 462 millions d’euros.
À l’inverse, les exportations de véhicules et de pièces automobiles ont reculé de 36 %, une baisse que GTAI attribue au maintien d’un cadre réglementaire strict concernant les importations automobiles.
Les importations allemandes en provenance d’Algérie ont, quant à elles, progressé de près de 11 % en 2025 pour atteindre 1,4 milliard d’euros. La tendance s’est encore accélérée au premier trimestre 2026 avec une hausse supplémentaire de 20 %, principalement portée par les hydrocarbures.
L’hydrogène vert, futur axe de coopération
Au-delà des échanges actuels, Germany Trade and Invest estime que l’hydrogène vert pourrait constituer l’un des principaux axes de coopération énergétique entre l’Algérie et l’Allemagne dans les années à venir.
Grâce à son potentiel solaire considérable et aux investissements engagés dans les énergies renouvelables, l’Algérie dispose des atouts nécessaires pour devenir un acteur majeur sur ce marché émergent.
À travers cette analyse, l’organisme allemand dresse ainsi le portrait d’une économie qui s’appuie sur sa puissance énergétique pour financer sa modernisation, développer de nouveaux secteurs d’activité et renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux. Entre hydrocarbures, énergies renouvelables, industrie et infrastructures, l’Algérie poursuit sa stratégie de construction d’un modèle économique plus diversifié, résilient et tourné vers l’avenir.
