C’est un signal fort envoyé depuis les confins du Sahara. Ce lundi, sous le soleil de Tamest, le projet intégré algéro-qatari « Baladna » a entamé sa première récolte d’orge.
En effet, plus qu’une simple moisson, c’est l’acte de naissance d’une ambition industrielle qui entend redessiner la carte de la souveraineté alimentaire de l’Algérie.
Le pari gagné du désert
Il y a encore peu, l’idée de transformer les étendues arides d’Adrar en grenier céréalier relevait du défi technologique. Aujourd’hui, le résultat est là : 300 hectares d’orge, bercés par le mouvement régulier des pivots d’irrigation, sont prêts à passer sous les lames des moissonneuses.
Ali Al-Ali, président du Conseil d’administration de Baladna-Algérie, ne cache pas sa satisfaction. Pour lui, cette première saison expérimentale n’est que la « preuve de concept » d’un déploiement bien plus vaste. L’objectif immédiat ? Sécuriser la base fourragère indispensable à la survie et à la productivité des futures infrastructures du projet.
Une cathédrale industrielle à ciel ouvert
Le projet Baladna ne se contente pas de faire pousser des céréales ; il dessine une véritable intégration verticale, une rareté par son ampleur. Le schéma est limpide et s’articule en un triptyque stratégique :
- L’amont agricole : La production massive de fourrages et de céréales.
- Le cœur battant : Un élevage bovin d’une envergure inédite.
- L’aval industriel : Une usine de transformation de pointe pour convertir le lait frais en poudre.
En maîtrisant la chaîne « de la semence au verre de lait », Baladna s’affranchit des aléas des marchés mondiaux et propose un modèle de résilience économique pour le pays.
Adrar, nouveau fer de lance de la nation
Présent pour donner le coup d’envoi officiel, le wali d’Adrar, Fodil Douifi, a rappelé que l’État ne joue pas ici un rôle de simple spectateur. Logistique, transport, stockage : les services de la wilaya sont en ordre de bataille pour transformer cet essai. « Ce projet est un pilier de notre sécurité alimentaire », a martelé le chef de l’exécutif local.
Au-delà de l’apport financier qatari, c’est un transfert de savoir-faire et une promesse de développement local qui s’opèrent. En transformant le sable en terre nourricière, Baladna prouve que le Grand Sud algérien n’est plus seulement une réserve d’hydrocarbures, mais le futur moteur de l’autosuffisance nationale.
