La présidente de l’Association France-Algérie, Mme Ségolène Royal, estime que le revirement de Paris envers Alger confirme ce qu’elle défend depuis le début de son mandat.
Ainsi, dans un post sur la plateforme X, elle appelle à bâtir un partenariat fondé sur l’égalité et le respect mutuel.
Un virage attendu, mais tardif
En effet, la reprise du dialogue entre Alger et Paris suscite une réaction sans ambiguïté de la part de Ségolène Royal. La présidente de l’Association France-Algérie, ancienne candidate à l’Élysée en 2007, se dit « ravie » par ce qu’elle qualifie de revirement officiel du gouvernement français — tout en pointant le prix payé pour neuf années d’aveuglement diplomatique. « Le gouvernement reconnaît enfin que l’Algérie est un grand pays voisin et qu’il faut coopérer », déclare-t-elle, avant d’ajouter que cette prise de conscience intervient à un an seulement de la fin du quinquennat, après avoir « tout bloqué par des comportements et déclarations vexatoires envers l’Algérie ».
Royal, pionnière du rétablissement du contact
Ségolène Royal revendique d’avoir ouvert la voie dès janvier dernier, à son arrivée à la tête de l’association. Elle dit avoir rétabli le contact avec le président Tebboune et abordé frontalement les dossiers les plus sensibles : les biens spoliés, les archives à restituer, les extraditions, le cas de l’agent consulaire incarcéré et les OQTF contestées. Elle insiste sur la nécessité d’un dialogue égalitaire, condition sine qua non, selon elle, d’une coopération durable entre les deux pays — en matière sécuritaire, économique et énergétique.
Royal cite également la récente visite du pape comme un facteur déclencheur ayant « ouvert des yeux embués de postures absurdes » côté français. Un signal symbolique fort qui aurait contribué à débloquer une relation bilatérale enkystée depuis plusieurs années.
Un avertissement pour l’ensemble du continent africain
Au-delà de la relation franco-algérienne, Ségolène Royal tire une leçon plus large de cette crise diplomatique. Elle estime que la perte d’influence de la France en Afrique — visible dans de nombreux pays où Paris a été remplacé — aurait pu être évitée si le même schéma condescendant n’avait pas été systématiquement appliqué. « Il faudra reconstruire ces partenariats avec intelligence et créativité », conclut-elle, appelant à une refonte en profondeur de la posture française sur le continent. « La normalisation progressive des relations franco-algériennes représente un enjeu stratégique majeur pour les deux pays, tant sur le plan énergétique que sécuritaire et migratoire ».
